Décès de Mohamed Morsi : l’ONU réclame une enquête

Mercredi 19 Juin 2019 - 15:30

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Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) a revendiqué, le 18 juin, une enquête rapide et transparente sur les causes de la mort de l’ancien président égyptien, le 17 juin, à l’âge de 67 ans, après une audition devant un tribunal du Caire.

L’ancien président issu des Frères musulmans était en détention depuis juillet 2013, après sa destitution par son successeur Abdel Fattah Al-Sissi, alors chef de l’armée. Mohamed Morsi comparaissait au sein du complexe pénitentiaire de Tora, dans le sud de la capitale égyptienne.

« Alors que l'ancien président Mohamed Morsi était détenu par les autorités égyptiennes au moment de son décès, il incombait à l'État de veiller à ce qu'il soit traité avec humanité et à ce que son droit à la vie et à la santé soit respecté. Toute mort subite en détention doit être suivie d'une enquête rapide, impartiale, approfondie et transparente menée par un organe indépendant afin de clarifier les causes du décès », a déclaré le porte-parole du HCDH, Rupert Colville, dans une note à la presse, rappelant que l’Egypte ayant ratifié le Pacte international relatif aux droits civils et politiques se doit de prendre des mesures pour protéger la vie des personnes privées de liberté.

Le porte-parole du HCDH a indiqué que des préoccupations avaient été exprimées concernant les conditions de détention de Mohamed Morsi, notamment l’accès à des soins médicaux adéquats, ainsi qu’un accès suffisant à ses avocats et à sa famille, au cours de ses six années de détention. « Il semble également avoir été maintenu en isolement cellulaire prolongé. L’enquête devrait donc également englober tous les aspects du traitement réservé à M. Morsi par les autorités afin de déterminer si les conditions de sa détention ont eu une incidence sur son décès », a ajouté Rupert Colville.

L’Egypte dénonce une « politisation »

En réaction à la demande par le bureau des droits de l’homme des Nations unies d’une enquête « minutieuse et indépendante », l’Egypte a accusé, le 19 juin, l’ONU de vouloir « politiser » la mort de Mohamed Morsi.

Dans un communiqué, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Ahmed Hafez, a dénoncé « dans les termes les plus vifs » la demande onusienne après la mort en plein tribunal de l’ex-président, estimant qu’il s’agissait d’une « tentative délibérée pour politiser un cas de décès naturel ».

Des hommages de l’étranger

En Turquie, le gouvernement soutient les Frères musulmans et des milliers de personnes ont participé à Istanbul à une prière collective à la mémoire de Morsi.

La veille, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, l’avait qualifié de « martyr ». L’émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, exprimant lui « sa profonde tristesse » et l’Iran regrettant « une mort malheureuse ».

Issu de la confrérie des Frères musulmans, interdite en Egypte, Mohamed Morsi avait pourtant été le premier et seul président civil et démocratiquement élu dans ce pays, après le Printemps arabe de 2011 qui avait poussé au départ le président Hosni Moubarak.

Mais dans un pays où l’opposition a été sévèrement réprimée, peu de gens commentaient ouvertement le décès de l’ex-chef d’Etat. L’enterrement s’est déroulé dans la nuit de mardi, dans le quartier cairote de Medinat Nasr (est) bouclé par des policiers.

Josiane Mambou Loukoula

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