Diplomatie : les Brics fustigent le protectionnisme

Jeudi 14 Novembre 2019 - 19:11

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Réunis du 13 au 14 novembre à Brasilia, les dirigeants des cinq pays des Brics devraient condamner de nouveau le protectionnisme à l’issue d’un sommet marquant un net rapprochement entre le Brésil de Jair Bolsonaro et la Chine.

Dans un contexte de guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis, le communiqué final, qui était encore attendu, pourrait donner le ton des batailles à venir.

Après avoir tenu des rencontres bilatérales et participé à un forum d’investisseurs mercredi, les dirigeants du Brésil, de la Chine, de l’Inde, de la Russie et de l’Afrique du Sud (Brics) se sont réunis jeudi matin au Palais Itamaraty pour peaufiner ce texte.

Lors du premier jour du forum qui a attiré cinq cents chefs d’entreprise des cinq pays, le président chinois, Xi Jinping, a affirmé que « le protectionnisme et l’intimidation ont porté atteinte au commerce international et aux investissements, plombant l’économie mondiale », une référence implicite aux Etats-Unis.

Son homologue russe, Vladimir Poutine, avait déclaré pour sa part que les Brics étaient « conscients du fait que la situation de l’économie mondiale demeurait instable et complexe ».

Hôte pour la première fois d’un grand sommet international, Jair Bolsonaro a dû jouer les équilibristes, entre son souci de rapprochement avec la Chine, premier partenaire commercial du Brésil, et celui de ne pas froisser son principal allié sur la scène internationale, les Etats-Unis.

« Je n’entre pas dans cette guerre commerciale. Le Brésil fait du commerce avec tout le monde », a dit le président d’extrême droite à des journalistes, jeudi matin, avant de se rendre à la réunion avec ses homologues des Brics.

Fervent admirateur du président américain, Donald Trump, avec qui il est totalement aligné, Jair Bolsonaro a changé radicalement de position à l’égard de la Chine depuis son arrivée au pouvoir en janvier.

L’an dernier, lors de sa campagne électorale, il s’était attiré les foudres de Pékin en accusant la Chine de vouloir « acheter le Brésil ».

Pékin et Brasilia annoncent une série d’accords commerciaux

Mais le pragmatisme a pris le dessus et le gouvernement brésilien a vite compris qu’il était vital de préserver les relations avec le géant asiatique, débouché de près de 28% de ses exportations, notamment de soja, de viande et de minerai de fer.

Pékin et Brasilia ont annoncé une série d’accords commerciaux et de promotion des investissements chinois au Brésil. Le ministre de l’Economie, Paulo Guedes, a, de son côté, évoqué « des discussions avec la Chine sur la possibilité d’une zone de libre-échange ».

La Chine a déjà investi ou promis d’investir cent deux milliards de dollars au Brésil de 2007 à 2018, d’abord dans les matières premières, puis l’industrie, la finance, l’énergie et les infrastructures, selon le Conseil des entreprises Brésil-Chine.

Le président Jair Bolsonaro a déclaré que la Chine faisait « de plus en plus partie de l’avenir » du Brésil, tout en affichant sa volonté « non seulement d’augmenter, mais aussi de diversifier » les relations commerciales avec Pékin.

Xi Jinping a évoqué pour sa part un « avenir prometteur » pour des relations commerciales entre la Chine et le Brésil, fondées sur « une confiance mutuelle accrue ».

Les deux dirigeants s’étaient déjà rencontrés, il y a trois semaines, à Pékin. Le président brésilien avait invité la Chine à participer à des enchères pétrolières début octobre, promettant « une mer d’opportunités ».

Les enchères, boudées par l’ensemble des majors, ont été un échec, mais deux groupes chinois se sont associés à la compagnie publique Petrobras pour exploiter les deux blocs les plus importants ayant trouvé de preneur.

Mais cette lune de miel avec la Chine sera plus que jamais mise à l’épreuve l’an prochain par le choix crucial de l’opérateur des réseaux de 5G.

Si le Brésil choisit Huawei, cela représentera un terrible affront pour l’administration Trump, qui milite dans le monde entier auprès de ses alliés pour qu’ils fassent comme elle et empêchent le groupe chinois de participer à la construction de ces réseaux de téléphonie mobile à très haut débit.

En juillet, le vice-président brésilien, Hamilton Mourao, avait déjà annoncé les couleurs en affirmant qu’il n’y aurait « aucun veto à Huawei au Brésil ».

 

 

Nestor N'Gampoula et AFP

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