Discours sur l’état de la nation : les réactions vont dans tous les sens

Samedi 14 Décembre 2019 - 13:00

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Des réactions fusent de partout depuis le discours sur l’état de la nation prononcé par Félix Tshisekedi, le 13 décembre, devant les deux chambres du parlement réunies en Congrès. Les acteurs politiques, mais aussi sociaux, se sont exprimés pour donner, chacun, son avis sur le discours fleuve du chef de l’Etat en rapport avec ses préoccupations.

Les réactions vont dans tous les sens selon qu’on est proche de la famille politique du président de la République ou de l’opposition. Mais beaucoup ont fait prévaloir le bon sens, saluant un discours consensuel à l’instar de Denis Kambayi Tshimbumbu qui loue un discours responsable et plein d'amour du peuple congolais et de la nation. « Je bénis le seigneur et je me mets à genoux pour que toutes les promesses que le président de la République a eues à faire deviennent une réalité, que Dieu puisse l'assister, lui et son gouvernement », a indiqué l’ancien ministre des Sports et loisirs, actuellement sénateur et président de la Fondation Grand Kasaï.

 Le Front commun pour le Congo (FCC), auquel appartient du reste cet acteur politique, s’est contenté de saluer un discours plutôt rassurant pour la coalition gouvernementale que l’on disait à couteaux tirés, à l’image de Constant Mutamba. Ce dernier a félicité un discours empreint d’intelligence et de sagesse. Félix Tshisekedi a, d’après le président du Nogec, parti membre du FCC, administré « la preuve de son engagement pour la consolidation de la coalition FCC-Cach qu’il considère lui-même comme gage de la stabilité de la République ».   

De son côté, Jean-Baudouin Mayo, cadre de l’Union pour la nation congolaise et vice-Premier ministre en charge du Budget, a qualifié d'apaisement et de haute facture le discours du chef de l’Etat au travers duquel il a révélé les contours de l’accord qu'il a conclu avec son prédécesseur, lequel a permis l’alternance pacifique au sommet de l’Etat. « Le président de la République engage tout le monde sur le chemin de la paix, du travail. Il a dit que 2020 sera l'année de l'action », a-t-il renchéri.

Membre du FCC reconnu pour son indépendance d’esprit, Henri Thomas Lokondo s’est, pour sa part, félicité de l’engagement pris par Félix Tshisekedi de combattre la corruption. Selon lui, le pays ne peut se développer sans avoir éradiqué la corruption. « Le train de vie de la RDC dépend de l’éradication de ce fléau », a-t-il déclaré, tout en congratulant les efforts consentis par le président de la République en vue de restaurer la paix dans l’est du pays. « J'ai noté que le chef de l'État a cité plus de dix fois la corruption, pour dire qu'il s'agit d'un fléau qui gangrène la vie aussi bien politique, économique que culturelle de la RDC. Et que donc, c'est un mal qu'il va affronter avec son gouvernement et chacun dans son secteur, pour que nous puissions relever le défi », a réagi, quant à lui, le ministre de l’Industrie, Julien Paluku.

« Un discours simplement creux »

Très critique, l’opposition n’a pas fait de quartier à Félix Tshisekedi dont le discours, de l’avis d’Adolphe Muzito, est simplement creux, vide de sens. « Le président Tshisekedi parle comme le chef du gouvernement et reste incohérent.  Il fait la confusion sur les compétences qui sont les siennes et les compétences qui relèvent du gouvernement. Il donne des instructions aux ministres, alors qu'ils relèvent du gouvernement », a déclaré l’actuel coordonnateur de « Lamuka ». Et d’ajouter que Félix Tshisekedi a présenté un « discours-programme au lieu de présenter l'état des lieux, faire l'état de l'année qu'il est en train d'achever avec un déficit de plus de quatre cents millions de dollars et une inflation sur le marché ».

Le député national Muhindo Nzangi Butondo relève, lui, l’inadéquation entre le budget présenté et les promesses faites par le chef de l’Etat. « Il dit qu'il veut faire de l'agriculture une priorité mais le budget de l'agriculture a régressé. Il veut faire de la santé une priorité mais son budget a régressé. Il veut former une grande armée alors que le budget de l'armée a régressé », a-t-il soutenu.

D’autres opposants , à l’instar d’Olivier Kamitatu, estiment que le président de la République a prononcé avec autosatisfaction une litanie de vœux pieux dans un environnement politique bétonné par son « allié ». « Saluons la volonté de respecter la Constitution et d’accélérer la désignation du porte-parole de l’opposition ! », a-t-il écrit sur son compte Twitter. Et Seth Kikuni, l’ancien challenger à la dernière présidentielle, de renchérir sur le même créneau : « Discours très structuré au début, éclectique au milieu, évangélique à la fin. Riche et prometteur sur le plan économique (secteur de l'énergie surtout), timide sur le plan politique, contradictoire sur le plan diplomatique (lien fraternel + armée forte) ».

 

Alain Diasso

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