Don de sang : l'OMS plaide pour l’investissement dans les services de transfusion sanguine

Lundi 15 Juin 2020 - 17:15

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En marge de la célébration, le 14 juin, de la Journée mondiale du donneur de sang, la directrice de l’OMS pour l’Afrique, Matshidiso Moeti, a fait le week-end dernier, une déclaration  invitant les populations à donner du sang pour sauver des vies.

Cette declaration a pour objectif d’attirer l’attention des gouvernements et celle de la communauté internationale sur le rôle humanitaire que jouent les donneurs de sang et de les encourager. Un approvisionnement adéquat en sang sécurisé ne peut être assuré que par des dons réguliers effectués par des donneurs volontaires et bénévoles.   

« Le 14 juin de chaque année, la région africaine se joint au reste de la communauté internationale pour célébrer la Journée mondiale du donneur de sang. Cette année, nous appelons les populations à donner du sang et à faire du monde un endroit plus sain. Car, en nous portant régulièrement volontaires pour donner notre sang, nous contribuons à la solidarité et  à sauver des vies », a déclaré la directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique, Matshidiso Moeti.

Parlant de la nécessité d’avoir le sang sécurisé, la responsable de l’OMS a signifié que la transfusion de sang sécurisé est une ressource d’importance vitale utilisée non seulement pour le traitement des cas d’anémie grave chez l’enfant et d’hémorragie post-partum, mais aussi dans les soins de traumatologie. La transfusion sanguine est aussi essentielle dans les opérations chirurgicales et dans le traitement du paludisme, de la drépanocytose, des maladies héréditaires du sang, ainsi que dans la thalassémie et  le traitement du sida.

 

La pandémie de la Covid-19 menace l’approvisionnement en sang sécurisé

Insistant sur les effets négatifs de la pandémie sur la sécurisation du sang, Matshidiso Moeti a reconnu que l’approvisionnement en sang sécurisé est menacé du fait de la lutte contre la pandémie de Covid-19. Les campagnes régulières de don de sang sont reportées à une date ultérieure, et les consignes demandant aux populations de rester chez elles, couplées à la crainte de l’infection, empêchent les donneurs d’avoir accès aux services de transfusion sanguine. Ainsi, les perturbations au niveau de la chaîne d’approvisionnement mondiale font par ailleurs courir aux pays le risque d’une pénurie de fournitures et matériels essentiels requis pour un don de sang et pour la transfusion sanguine.

« Des essais cliniques sont en cours pour mettre en évidence l’efficacité du plasma provenant du sang de patients guéris de la Covid-19 dans la réduction de la gravité de la maladie chez les personnes infectées par la Covid-19. Cette approche a été utilisée par la Guinée lors de l’épidémie de maladie à virus Ebola qui a sévi dans ce pays en 2014, avant que les vaccins et les traitements anti-Ebola ne soient mis au point. À Maurice, cent cinquante personnes qui se sont remises de la Covid-19 ont indiqué être disposées à donner du plasma de sang, conformément à la décision nationale d’utiliser la thérapie à base de plasma sérique pour les patients de la Covid-19 se trouvant en soins intensifs », a-t-elle ajouté, en insistant sur le fait que le plus grand défi que pose cette approche dans de nombreux pays africains reste la pénurie des ressources des services nationaux du sang pour collecter, traiter et stocker en toute sécurité le plasma de convalescents de la covid-19 avec une garantie de qualité. Car, la pandémie actuelle offre une autre bonne occasion d’améliorer cette situation. Le Kenya a par exemple alloué de manière spécifique une partie des fonds reçus de la Banque mondiale au rehaussement de la qualité des services de transfusion sanguine pendant la pandémie.

« L’accès universel à du sang sécurisé constitue l’un des maillons essentiels d’un système de santé résilient et contribue à l’instauration de la couverture sanitaire universelle. Les pays de la Région africaine réalisent des progrès vers l’élargissement de l’accès à du sang et à des produits sanguins de qualité. En 2019, huit pays de la région africaine ont collecté dix poches de sang ou plus par millier d’habitants, tel que recommandé par l’OMS, et dix-neuf pays ont atteint l’objectif de plus de 80 % de dons de sang volontaires non rémunérés, conformément à la stratégie régionale pour la sécurité transfusionnelle. À l’OMS, nous étudions également la possibilité de nouer des partenariats avec Facebook pour mettre en place une fonctionnalité régionale de dons de sang, et quinze pays ont marqué leur intérêt à expérimenter un tel outil. Cette fonction met en relation les donneurs de sang avec des possibilités de don à proximité, en collaboration avec des banques de sang agréées », a conclu la responsable de l’OMS pour l’Afrique, en exhortant les gouvernements, en collaboration avec les associations de donneurs de sang et les organisations non gouvernementales, à accroître l’investissement dans les services de transfusion sanguine, en respectant les orientations de l’OMS.

 

 

 

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