Droits humains: une marche dite bleue clôture le trentième anniversaire de la convention relative aux droits de l'enfant

Samedi 30 Novembre 2019 - 17:55

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L'activité, placée sur le thème « Pour chaque enfant, tous ses droits », a été organisée, le 30 novembre à Brazzaville, sous le patronage du vice-Premier ministres, Firmin Ayessa.

 De l’hôtel de ville en passant par le mausolée Marien-Ngouabi, le marché Plateau centre-ville, l’Institut français du Congo jusqu’au perron du ministère de la Justice, la marche a mobilisé plusieurs dizaines d’enfants de différentes écoles et couches sociales, y compris des officiels.

 Au perron du ministère de la Justice, les enfants ont fait plusieurs déclarations qui ont convergé toutes à la défense de leurs droits. « Nous, enfants, avons le droit d’aller à l’école, pas de vendre. Nous n’avons pas droit de quémander et nos parents n’ont pas droit de divorcer », a indiqué Malika Ibambo-Bioko, une fillette qui a impressionné l'assistancepar son art oratoire.

Pour sa part, le président du parlement des enfants du Congo, Jonathan Nguila, a enchaîné en déclarant : « Si nous œuvrons tous pour le respect des droits à l’avenir, l’enfant ne sera plus maltraité, marginalisé, insulté ».

Outre les déclarations remises au gouvernement par l’entremise du vice-Premier ministre, ces enfants lui ont fait don de leur tableau de dessin et des exemplaires de la Convention relative à leurs droits. Firmin Ayessa a promis d’être leur interprète fidèle auprès du Premier ministre, chef du gouvernement.  

 « Ils ont marché et ont déclaré qu’ils n’aiment pas l’exploitation des enfants et l’abandon des études scolaires. Ces enfants veulent bien rester dans les familles unies et non dans les orphelinats. Ils ont dit qu’ils sont contre le divorce ou la séparation des parents. Ils veulent aller à l’école dans la joie, veulent aussi bien manger, bien se soigner dans les centres de santé scolaires », a renchéri la ministre Antoinette Dinga-Dzondo, des Affaires sociales et de l'action humanitaire.  

La Convention relative aux droits de l'enfant, en vigueur dans la quasi-totalité des pays membres des Nations unies, introduit une nouvelle notion de droit international privé dans l'intérêt supérieur de l'enfant, consacrant, en tant que premier texte international officiel, une longue évolution juridique faisant passer l’enfant d’objet de droit à sujet de droit.

« Il y a encore le phénomène de délinquance juvénile et l’incivisme en milieu jeune, il est temps qu’on écoute ces enfants et que les parents se mettent à leur place. La place de l’enfant est à l’école mais à ce niveau, le gouvernement assure sa part de contrainte », a indiqué, pour sa part, la ministre Destinée Hermella Doukaga, de la Jeunesse et de l’éducation civique, ajoutant : « Le phénomène bébé noir, après enquête, persiste à cause de l’inaction des parents. Ces enfants vivent dans les familles, ils sont identifiés et leurs parents doivent les dénoncer et se joindre aux pouvoirs publics afin de mettre un terme à ce dossier ».

Les droits des enfants s’appliquent à tous ceux âgés de moins de 18 ans. Ils ont droit à une protection et à des soins attentionnés, au maintien d’un lien avec leurs parents biologiques, à une identité humaine, à la satisfaction de leurs besoins alimentaires fondamentaux, à une instruction financée par l’État, à des soins de santé et à des lois pénales adaptées à leur âge et à leur développement. Ces droits prennent en considération le caractère vulnérable et la nécessité de développement de l’enfant. Leur portée va de l’offre d’autonomie à la protection contre la violence physique et psychologique.

« Les enfants et les acteurs au développement demandent que tous les droits des enfants soient de notre responsabilité. La marche d’aujourd’hui prouve qu’ils sont très impliqués. Tous, ensemble, allons-y pour chaque enfant, tous ses droits », a indiqué Micaela Marques de Sousa, représentante du Fonds des Nations unies pour l'enfance au Congo.   

En prélude à la marche bleue, une équipe de la presse locale a visité le Centre national d’appareillage orthopédique Willem Struijs de Brazzaville (Cnaowsb) ainsi que le Centre national de réadaptation professionnelle des personnes handicapées.

Dans les deux centres se développent plusieurs métiers en faveur des handicapés mais le Cnaowsb se distingue par le montage des tricycles, la fabrication des orthèses et prothèses qui aident à la mobilité et pourraient réduire les évacuations sanitaires ainsi que les commandes à l’étranger.   

Rappelons que les droits de l’enfant sont une branche des droits de l'homme visant la protection spécifique de l'enfant en tant qu’être humain à part entière. Ils sont l’objet de plusieurs traités nationaux et internationaux, dont le plus important est la Convention relative aux droits de l'enfant, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies, le 20 novembre 1989.

Fortuné Ibara

Légendes et crédits photo : 

1-La ministre Antoinette Dinga-Dzondo et les officiels en avant-plan/Adiac 2-Les enfants en pleine marche/Adiac

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