Ebola : l'ONU maintient l'alerte de propagation de l’épidémie

Mardi 2 Décembre 2014 - 18:23

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Le chef de la mission des Nations unies chargée de lutter contre Ebola, Anthony Banbury, a prévenu le 1er décembre dernier qu’il y a encore un énorme risque de voir l’épidémie de la fièvre hémorragique à virus Ebola se propager dans d’autres pays.

Le fonctionnaire onusien a rappelé que son institution souhaitaient qu’au 1er décembre, 70% des malades bénéficient d’une prise en charge médicale et qu’une même proportion de funérailles soient « sécurisées et dignes ». Anthony Banbury, a toutefois refusé de dire si les objectifs, fixés par la mission des Nations unies, ont été pleinement atteints en Afrique de l’Ouest. En revanche, il a indiqué que plusieurs régions ont atteint ces chiffres ou s’en rapprocheraient.

Dans le cadre des recherches entreprises pour combattre Ebola, des essais de phase 2 et 3 du ChAd3, premier vaccin expérimental contre la maladie a fait l’objet d’un essai clinique aux Etats-Unis, et qui a déclenché une bonne réponse immunitaire sont prévus en Afrique de l’Ouest en 2015.

Ce premier vaccin expérimental contient des éléments génétiques provenant de deux souches du virus Ebola (Soudan et Zaïre) qui sont acheminés par un adénovirus responsable du rhume chez les chimpanzés, un agent inoffensif pour l’homme. « L’étendue sans précédent de l’épidémie actuelle d’Ebola en Afrique de l’Ouest a conduit à une intensification des efforts pour mettre au point des vaccins sûrs et efficaces qui pourraient permettre d’arrêter cette flambée et jouer un rôle clé pour prévenir de futures grandes épidémies », affirme le Dr Anthony Fauci, directeur de l’Institut des allergies et des maladies infectieuses (NIAID).

Les premiers résultats du ChAd3, co-développé par le NIAID et le laboratoire britannique GlaxoSmithKline (GSK), ont été publiés le 26 novembre après que le médicament soit  testé sur 20 volontaires en bonne santé âgés de 18 à 50 ans dans la clinique des Instituts nationaux de la santé (NIH), dont fait partie le NIAID.

Après avoir été vaccinés les volontaires concernés ont produit des anticorps dans les quatre semaines, les niveaux étant plus élevés chez ceux ayant reçu la plus forte dose vaccinale. Les chercheurs affirment que le vaccin n’a pas provoqué d’effets secondaires graves, à part une brève fièvre chez deux des participants ayant reçu la plus forte dose. Il faut dire que ce vaccin a été initialement testé avec un grand succès sur des singes.

En attendant des essais cliniques en Afrique de l’Ouest, le NIAID assure avoir à ce sujet des discussions avancées avec les dirigeants liberiens et ceux d’autres pays affectés de la région. La préparation de ces essais cliniques dépend encore des données supplémentaires provenant des essais en cours. GSK estimait en octobre qu’il pourrait avoir 24.000 doses de son vaccin prêtes pour les essais d’efficacité de phase 2 et 3 d’ici à janvier prochain. Outre l’Afrique de l’Ouest, le vaccin ChAd3 est aussi testé en phase 1 avec 60 volontaires au Royaume-Uni et fera aussi l’objet d’un essai clinique sur des adultes à Lausanne (Suisse) pour le compte de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

En attendant que ce vaccin soit disponible, la Commission communautaire s’engage à renforcer son action dans la lutte contre la maladie. Elle réclame la mobilisation de 5000 médecins, de milliers de soignants et davantage de moyens financiers et logistiques, notamment en matière de transports contre l’épidémie d’Ebola qui sévit en Afrique de l’Ouest.

Signalons que d’après le dernier bilan présenté samedi dernier  par l’Organisation mondiale de la santé, près de 7 000 personnes sont déjà mortes de la fièvre hémorragique à virus Ebola dans cette région. Parmi les trois pays les plus touchés, le Libéria et la Guinée ont progressé dans la lutte contre le virus Ebola, mais la Sierra Leone a encore du mal à contrôler l’épidémie.

 

 

Nestor N'Gampoula