Economie : une guerre commerciale mondiale inquiétante

Jeudi 19 Juillet 2018 - 15:32

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Le Fonds monétaire international (FMI) maintient sa prévision de croissance mondiale à 3,9 % pour 2018 mais l’escalade des tensions commerciales constitue « un risque de dégradation important », selon un article de la "Tribune".

Selon les dernières prévisions du FMI, la croissance mondiale devrait atteindre 3,9 % en 2018 et 2019. La croissance du PIB pourrait rapidement accuser le coup si les menaces sur le commerce mondial se concrétisent. Les craintes se multiplient dans les institutions internationales.
La Commission européenne a revu à la baisse de 0,2 % ses prévisions de croissance par rapport à celles d’il y a trois mois. En cause, une production plus faible que prévu et des risques externes, comme la guerre commerciale, en hausse. Les projections du FMI sont assombries par l’escalade des tensions commerciales et l’affaiblissement du soutien à l’intégration économique mondiale dans certains pays avancés. 
La politique économique et commerciale du président américain, Donald Trump, remplie d’incertitudes, suscite des inquiétudes chez les économistes du FMI : "Une escalade des tensions commerciales pourrait miner la confiance des entreprises et des marchés financiers, ce qui nuirait à l’investissement et au commerce. Au-delà de son impact immédiat sur l’état d’esprit des marchés, la prolifération de mesures commerciales pourrait accroître l’incertitude entourant la portée potentielle des mesures commerciales", relève l'institution financière.
Cette montée des tensions pourrait freiner l’investissement tandis que la multiplication des obstacles pourrait rendre les biens échangeables moins abordables, perturbant  les chaînes d’approvisionnement mondiales et ralentissant la propagation des nouvelles technologies, ce qui réduirait la productivité. Les auteurs indiquent que le volume du commerce mondial de biens et services pourrait baisser de rythme, passant d’une croissance exceptionnelle de 5,1 % en 2017 à 4,8 % en 2018 et 4,5 % en 2019.
De passage à Paris, le ministre allemand de l’Économie, Peter Altmaier, a appelé à une réponse européenne solidaire dans le conflit commercial opposant l’Union européenne aux États-Unis.
Concernant les pays émergents et les pays en développement, le FMI anticipe une croissance de 4,9 % pour 2018 et 5,1 % pour 2019 avec le pétrole plus cher, la hausse des taux d’intérêt américains, les tensions commerciales et les pressions des marchés sur les devises des pays dont les fondamentaux sont les plus faibles.
Si le PIB de la Chine devrait ralentir au cours des deux années (6,6 % en 2018 et 6,4 % en 2019 contre 6,9 % en 2017, la croissance de l’Inde devrait accélérer à 7,3 % en 2018 et 7,5 % en 2019. 
Outre les facteurs économiques, le Fonds note que l'incertitude politique liée à des échéances électorales à venir, comme les élections de mi-mandat aux États-Unis en novembre prochain ou les élections européennes au printemps 2019, pourrait décourager l’investissement privé et freiner l’activité économique. La situation politique italienne préoccupe particulièrement le FMI.
On évoque également la montée des risques géopolitiques, la remise en cause du multilatéralisme et les troubles internes qui pèsent sur les projections de plusieurs pays, en particulier au Moyen-Orient ou en Afrique subsaharienne. Enfin, le dérèglement climatique pourrait encore accroître les flux migratoires et les risques économiques et humanitaires alors que les divisions en Europe sur ces sujets sont particulièrement sensibles actuellement.

 

Noël Ndong

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