Exécution du programme de cent jours : le député Jean Jacques Mamba stigmatise l’attribution des marchés de gré à gré

Mardi 18 Février 2020 - 17:42

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La polémique au sujet de l’exécution du programme d’urgence intérimaire des cent jours initié par la présidence de la République continue à alimenter la chronique politique de ces dernières heures avec, à la clé, l’implication du directeur de cabinet du chef de l’Etat.

L’administration de la présidence de la République placée sous l’autorité de Vital Kamerhe est aujourd’hui la cible des critiques acerbes d’une opinion visiblement orientée et politisée. Elle aurait, à en croire une certaine opinion, joué un rôle néfaste dans la gestion de ce dossier, loin des principes et des procédures, en violation des textes réglementaires en ce qui concerne notamment la passation des marchés publics. Ici, c’est la personne du directeur de cabinet qui est essentiellement visée étant entendu qu’il a été la cheville ouvrière dudit programme en l’absence du gouvernement qui avait trop traîné à se mettre en place après l’entrée en fonction du nouveau président élu.

Rajoutant sa couche à la polémique, le député Jean-Jacques Mamba a décidé de porter cette affaire à la chambre basse du Parlement bien que l’incriminé ne soit pas, au regard de la Constitution, redevable vis-à-vis de la représentation nationale. Pour ce faire, le député s’est fondé notamment sur la jurisprudence dans le cas de l’affaire « Benalla » en France (audition du directeur de cabinet et secrétaire général de l’Elysée par une commission parlementaire) pour créditer sa démarche. L’objectif visé, à en croire cet acteur politique, est de permettre à ce que la vérité soit restituée à la population dans le cadre de sa mission de contrôle parlementaire.

En effet, au terme des enquêtes préliminaires qu’il aurait effectuées sur ce dossier, l’élu de la circonscription de Lukunga à Kinshasa allègue que plusieurs violations de la loi relative à la passation des marchés publics et de la loi de finances gangrènent l’exécution du programme de cent jours de la présidence. De ce fait, il voudrait en savoir un peu plus sur l’affectation d’un montant de 237 millions de dollars USD découlant de ces types de marchés « passés en procédure de gré à gré en violation des dispositions des articles 37 et 42 de la loi relative aux marchés publics ». Le député Jean-Jacques Mamba s’interroge notamment sur les contours du marché arraché par le sujet Samih Houballa Jammal, non autrement identifié. Ce dernier, a-t-il expliqué, s’est vu  attribuer deux marchés publics de 171 millions USD pour ses deux sociétés respectives créées dans l’espace de huit mois entre août 2018 (Samibo Sarlu) et avril 2019 (Husmal Sarl).

Il épingle également, dans sa question écrite, le cas de la société Sococ (non identifiée au guichet unique de création d’entreprises et prétendument propriété de M. Bishekwa Vanny). Cette entreprise, à en croire la même source, s’est vu attribuer un marché de 66 millions USD en procédure de gré à gré pour la construction de 30 km de route à Goma (10 km) et Bukavu (20km). « Pourriez-vous nous expliquer le montage financier qui a impliqué le Foner et Trust Merchant Bank pour cette fin, entendu que le FonerO ne peut pas participer à des financements de construction et réhabilitation des routes ?», a asséné le député dans sa question adressée à Vital Kamerhe. Il reste à savoir si la question écrite de l’élu de la Lukunga sera avalisée par le bureau de l'Assemblée nationale qui décidera en dernier ressort de l’inscrire ou non dans l’agenda de la prochaine session ordinaire de mars. Dossier à suivre.

Alain Diasso

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