Exposition: « Afrique, lelo kino lobi », la nouvelle collection de Shula Mosengo

Samedi 21 Septembre 2019 - 15:15

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Originaire de la République démocratique du Congo, l’artiste-peintre a abordé, pour la première fois, le public brazzavillois, le 20 septembre, au cours de l’ouverture de son exposition-vente individuelle organisée par Sandra Plachesi dans l’espace Brazza-Art galerie.

 « Afrique, lelo kino lobi – l’Afrique, d’aujourd’hui à demain », tel est le thème de l'exposition individuelle de Shula Mosengo. Une trentaine de toiles suscitant curiosité et décryptage esthétique mettent en perspective le développement du continent africain.

L’artiste explore notamment des facettes telles que « La dépendance aux nouvelles technologies »; « Le dynamisme de l’évolution branchée sur les claviers »; « L’espace cosmopolite », etc. Des façons de s’inscrire résolument dans le temps présent et de concevoir un autre avenir.

En effet, c’est le siècle de la lumière et de la vitesse. Tout est interconnecté d’un bout à l’autre et illuminé. L’interconnexion planétaire lui donne un déclic et lui inspire des images fondées sur une grammaire esthétique personnelle.

Ce nouvel environnement suscite aux yeux de l’artiste un style nouveau pour défier les sentiers battus de la peinture populaire. Sa technique actuelle résulte d’un travail énorme, patient et méticuleux. D’où sa navigation entre la technique de l’acrylique sur toile et une variété de couleurs et de paillettes. Cette dernière est à ses yeux la touche magique qui produit de la gaieté au regard des observateurs.

La peinture de Shula, c’est la joie, l’amour, l’espoir, le travail, la justice et la conviction que demain pourra être meilleur qu’aujourd’hui. Le décryptage de ses œuvres exposées laisse à percevoir un travail pictural totalement libéré des idées de l’esthétique de la peinture populaire essentiellement réaliste et figurative.

La collection « Afrique, lélo kino lobi » a pour pièce maîtresse et symbolique Brazza-Kin connexion, signe de la volonté de dialogue. Là, sous les yeux éblouis du public restreint, les deux Congo, devant être reliés par un pont, matérialisés grâce à l’imagination débordante de Shula. « C’est juste magique, cette exposition. Bravo à l’artiste qui montre combien l’Afrique a du talent et qu’elle ne cesse de faire ses preuves sur la scène internationale de par son aptitude et sa créativité », a déclaré une visiteuse.

« Un homme d’une grande gentillesse et d’un talent stupéfiant»

Il est bien vrai que l’artiste se distingue des autres maîtres de la peinture par ses mélanges très particuliers de couleur, qui donnent à ses tableaux des effets d’irréalité comme pour transcender la réalité.

« Il est venu nous rendre visite l’année dernière alors que notre galerie était tout jeune. Il a bien voulu collaborer avec nous pour cette année. Son travail nous enthousiasmait déjà et nous avons découvert un homme d’une grande gentillesse et d’un talent stupéfiant, prêt à s’installer à Brazzaville pendant plusieurs mois pour peindre une collection complète pour Brazza-Art galerie. Cette exposition et le catalogue sont le résultat et le condensé de huit mois de travail », a détaillé Sandra Plachesi, créatrice et responsable de Brazza-Art galerie.

Au travers de cette réalisation, Shula Mosengo a voulu aller au-delà de ses limites et se dévoiler aux yeux du monde tel qu’il aimerait être perçu intérieurement. Il a ainsi concrétisé ce qu’il ressent au plus profond de son âme. Son travail de couleurs et de thèmes est bien plus que jamais débordant d’originalité et de vie, combien même les sujets abordés sont instructifs et parfois difficiles à interpréter en tableaux.

Né en 1959 à Nioki, en République démocratique du Congo, Jean-Bosco Shula Mosengo vit et travaille à Kinshasa. Comme bon nombre d’artistes populaires, Shula révèle très tôt son talent de dessinateur. Il fait partie de ces artistes qui pensent que les peintures narratives, directement issues de la vie quotidienne, doivent être critiques, dénoncer les injustices politiques, sensibiliser et éduquer la population. C’est pourquoi, ses peintures sont toutes porteuses de messages. « La peinture est utile parce que nous disons tout haut ce que les autres pensent tout bas », a-t-il souligné.

Notons que l’exposition est ouverte à tout le monde jusqu’en fin octobre.

Merveille Atipo, stagiaire

Légendes et crédits photo : 

1- Sandra Plachesi assisté du peintre, faisant visiter l’exposition au public 2- Tableau Brazza-Kin connexion, pièce maîtresse de l’exposition

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