Festival Maloba : la deuxième édition ouverte à Brazzaville

Jeudi 2 Mai 2019 - 15:15

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La manifestation a débuté le 29 avril dernier, au Palais des congrès, en présence du ministre de la Culture et des arts, Dieudonné Moyongo, des membres du corps diplomatique accrédités au Congo, des parlementaires et de plusieurs artistes.

La rencontre internationale de théâtre, danse et cirque a annoncé ses couleurs par un spectacle de danses au rythme du tam-tam, mêlant tradition, modernisme et techniques originales telles le jonglage et l’acrobatie. Devant un public majoritairement jeune et effervescent, la première journée a également offert un panaché de contorsion et de flair bar tender. Peu connu du grand public mais plutôt bien accueilli, le flair bar tender est un art acrobatique, technique et spectaculaire offrant un show derrière le bar ou sur scène avec des bouteilles, des glaçons, des shakers et des bouteilles flambées.

Pour le fondateur de cet événement, Hugues Serge Limbvani, il s’agit, à travers le festival Maloba, d’apporter une nouvelle perspective au développement de la culture et des arts, tout en donnant l’occasion d’appréhender l’infinie variété des talents opérant dans la chorégraphie, la dramaturgie et le cirque qui entendent passer au tamis les travers de nos sociétés sur fond de promotion de nouvelles valeurs.

Ouverts gratuitement au public jusqu’au 4 mai, les spectacles se déroulent notamment au Palais des congrès, au cercle culturel Sony-Labou-Tansi, au gymnase de Gampo Olilou, au gymnase de Makélékélé, à l’esplanade de la télévision nationale à Nkombo et dans les salles de quartier à Poto-Poto, Talangaï et au lycée Thomas-Sankara.

Contrer l’exil des artistes…

L’une des préoccupations évoquées par Hugues Serge Limbvani, promoteur du festival Maloba, est le fait qu’au Congo, très peu d’artistes parviennent à vivre de leur passion pour l’art. La plupart, a-t-il dit, se sentent obligés de s’expatrier vers d’autres continents lorsque l’occasion se présente à eux. Pourtant, le renouveau des pratiques artistiques et le succès de la culture africaine sur le marché culturel international démontre bien la qualité d’un art aujourd’hui reconnu et apprécié de tous. « C’est triste de voir combien, nous, artistes africains, sommes plus valorisés à l’étranger que dans nos propres pays. Cette réalité est très lamentable pour le continent qui se voit s’appauvrir de toutes ses élites, contraintes de s’exiler ailleurs. La racine du problème, c’est l’Afrique elle-même. Prenons-en conscience et améliorons les choses », a conseillé Arnauld Okoko, contorsionniste congolais.

A cet effet, Hugues Serge Limbvani a émis le souhait de valoriser le patrimoine culturel ainsi que le savoir-faire congolais par la création d’infrastructures et de cadres d’expression réguliers. Il a proposé l’instauration des dispositifs juridiques incitant à la formation et la pratique professionnelle de l’art et la culture au Congo.

Dans cette même perspective, « le ministère de la Culture et des arts est en train de tout mettre en œuvre pour la relance du théâtre, tombé en net recul depuis les années 1980 qui avait vu fleurir des dramaturges de renom tels Sony Labou Tansi, Sylvain Bemba… », a annoncé Dieudonné Moyongo, ministre de la Culture et des arts.

L’art, vecteur de création d’emploi et de développement économique

La deuxième édition du festival Maloba nourrit non seulement l’espérance d’un avenir prometteur pour les artistes locaux mais également celle de permettre à la danse, le théâtre et le cirque d’agir comme un secteur incubateur, créateur d’emplois et moteur de diversification et de croissance économique.

Une scène est le fruit d’une collaboration entre plusieurs acteurs. On y compte des artistes, ingénieurs de son et lumières, accessoiristes de scène, disc-jockey ou DJ, metteurs en scène, constructeurs de décor, machinistes, etc. « Le secteur des arts et spectacles est tellement vaste qu’il est un grand nid d’emplois directs et indirects. Et bien exploité, il devient un véritable allié du tourisme », a souligné Hugues Serge Limbvani.

Merveille Atipo (stagiaire)

Légendes et crédits photo : 

Photo 1 : La compagnie Musée création en pleine prestation Photo 2 : Le ministre de la Culture et la directrice générale des Arts et des lettres assistant au spectacle Photo 3 : Dieudonné Moyongo et les organisateurs posant avec les artistes

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