Forêt : le Congo signe la lettre d’intention de financement du Redd+

Mercredi 4 Septembre 2019 - 18:15

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Après la déclaration conjointe sur l’Initiative pour les forêts d’Afrique centrale, en septembre 2017 à New-York, le gouvernement a signé, le 3 septembre 2019 à Paris, la lettre d’intention pour le financement du plan d’investissement de la stratégie Redd+ de la République du Congo. Dans une interview aux Dépêches de Brazzaville, la ministre de l’Economie forestière, Rosalie Matondo, explique le processus de négociation mené par son pays en vue de maintenir un taux de déforestation bas tout en diversifiant son économie.

Les Dépêches de Brazzaville (L.D.B.) : Comment est née la Déclaration conjointe sur l’Initiative pour la forêt d’Afrique centrale ( Cafi ) ?

Rosalie Matondo (R.M.) : C’est un engagement né de la volonté de six pays à Copenhague, en 2009, lors de la COP15, d’appuyer les efforts de préservation et de gestion durable des écosystèmes forestiers d’Afrique centrale. Cafi regroupe les pays suivants : la France, la Norvège, l’Allemagne, la Belgique et la Grande-Bretagne, même si elle est préoccupée plutôt par le « Brexit ». La récente signature à Paris, lors de la rencontre bilatérale entre les deux chefs d’Etat, Denis Sassou N’Guesso et Emmanuel Macron, le 3 septembre, est l’aboutissement des avancées notables enregistrées par le conseil d’administration, dont la présidence est actuellement assurée par la France. Elle valorise les efforts conduits au plus haut niveau par notre pays dans la lutte contre les changements climatiques et pour l’atteinte des objectifs de l’accord de Paris.

L.D.B. : En quoi se distingue ce nouvel instrument de préservation de la forêt ?

R.M. : Nous avons à notre disposition une lettre d’intention dans sa version définitive permettant de suite, le déblocage des fonds à hauteur de soixante-cinq millions de dollars pour la préservation de la forêt tropicale en République du Congo. Il prévoit notamment la mise en œuvre des projets et programmes favorisant la gestion durable des écosystèmes forestiers, précisément le développement d’un Schéma national d’affection des terres; la tenure foncière favorisant la reconnaissance des droits traditionnels sur les terres, la protection et la gestion durable des tourbières de la République du Congo, en interdisant tout drainage et assèchement, l’augmentation des stocks de carbone à travers le reboisement et l’agroforesterie et le développement des énergies renouvelables. De ce fait, c’est un accord où l’on respecte également les tourbières qui revêtent une importance vitale dans la lutte contre le changement climatique, car elles contiendraient près de trois années d’émissions mondiales de gaz à effet de serre.

L.D.B. : Quelles sont les grandes lignes de cet accord ?

R.M. : Contrairement à la comparaison faite avec les incendies dans les forêts de l’Amazonie, il faudrait préciser qu’au Congo, il s’agit d’atténuer les méfaits de l’agriculture dite de subsistance très souvent pratiquée dans les savanes et non les forêts. Alors qu’en Amazonie, nous sommes face aux méfaits liés à l’exploitation agro-industrielle. Que ce soit pour l’agriculture sur brulis ou l’exploitation agro-industrielle, notre pays a obtenu l’autorisation de convertir vingt mille hectares par an au lieu de trente-cinq mille proposés, et ce uniquement en dehors des zones à haut stock de carbone et à haute valeur de conservation. Tel que le stipule cet accord, le Cafi vise à aider le Congo à relever ce défi complexe : œuvrer pour un développement économique durable, tout en prenant des engagements dans des secteurs de croissance clés tels que l'agriculture, les mines et les hydrocarbures et en minimisant leurs impacts sur le changement climatique.

Propos recueillis par Marie Alfred Ngoma et Noël Ndong

Légendes et crédits photo : 

La ministre congolais de l’Économie forestière, Rosalie Matondo/Crédit photo : Vanessa Nguema

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