Indépendance de la RDC : Benoit Hellings invite la Belgique à assumer son passé colonial

Jeudi 30 Juin 2016 - 15:24

Abonnez-vous

  • Augmenter
  • Normal

Current Size: 100%

Version imprimableEnvoyer par courriel

Le député fédéral du parti écologiste belge (Ecolo) a déposé, le mercredi 29 juin, une résolution qui demande la mise en œuvre d’une recherche internationale et interdisciplinaire permettant d’établir les faits et les responsabilités des diverses institutions belges sur les exactions commises entre 1885 et 1962 dans ses anciennes colonies que sont la RDC, le Rwanda et le Burundi

Benoit Hellings explique sa démarche par le fait qu’Ecolo veut donner des outils à la Belgique pour assumer son passé colonial. Pour ce député,  malgré le temps écoulé depuis la fin de la colonisation , l’État belge et les institutions étatiques ou non-étatiques actives dans le processus colonial n’ont, à ce jour, entamé aucune démarche officielle en vue d’accomplir un réel travail de mémoire et de reconnaissance à l’égard de leur passé colonial. « Dans les discours récents des représentants officiels de l’État belge, l’ambiguïté à l’égard du passé colonial reste le plus souvent de mise. La Belgique n’assume donc pas encore son passé colonial. Ce même constat s’impose pour les autres institutions belges qui ont pourtant joué un rôle crucial dans cette colonisation : églises, entreprises, presse, universités ou partis politiques ».

Système de gouvernance antidémocratique

Pour les écologistes, indique Benoit Hellings, la colonisation est par principe un système de gouvernance antidémocratique et raciste qui a engendré de façon structurelle des exactions diverses, sur lesquelles toute la lumière doit pouvoir être enfin faite. « L'objectif des auteurs de la présente résolution est d'offrir à la population belge en général et à ses représentants en particulier les moyens de prendre clairement et sereinement distance par rapport au principe de la colonisation. Notre démocratie a le devoir de tenir un langage de vérité à l’égard des populations des pays concernés, à l’égard de nos concitoyens originaires de nos anciennes colonies, ainsi qu’à l’égard de tous les peuples du monde qui partagent ou ont partagé un tel destin. Il s’agit également de tenir un langage de vérité à l’égard de l’ensemble de la population belge qui doit avoir conscience du passé dont elle est aujourd’hui, qu’elle le veuille ou non, la dépositaire », explique le député d’Ecolo. Pour atteindre cet objectif, propose-t-il, le gouvernement belge doit d’abord permettre de déclassifier toutes les archives, y compris les archives dites africaines des archives diplomatiques, les archives de l’Etat, les archives de la famille royale, les archives de la Sûreté de l’Etat et des services de renseignements militaires et tous les documents, quelle que soit leur forme, qui peuvent faire lumière sur la colonisation. « Il s’agit aussi de prendre les mesures nécessaires afin d’encourager les institutions privées (églises, entreprises, particuliers, etc) à conserver, inventorier et déclassifier les documents et éléments qui peuvent faire lumière sur la période coloniale. Si la Chambre constate, à un moment donné, que ce travail de recherche est entravé, les députés se réserveront le droit d’instaurer une commission d’enquête parlementaire », explique Benoit Hellings.

Processus long, complexe et difficile

Sur base du rapport définitif de l’équipe de recherche, les écologistes suggèrent à la Chambre des représentants de la Belgique de faire des recommandations et des propositions au Gouvernement sur la façon la plus adéquate pour la Belgique de reconnaître la responsabilité des diverses institutions publiques et privées belges dans la colonisation. Le rapport, indique le député, sera également envoyé aux communautés afin de permettre à celles-ci, par leur compétence en matière d’éducation, de transmettre cette mémoire coloniale aux générations futures. « Assumer son passé est un processus long, complexe et difficile. C’est aussi un chemin qui se doit d’être collectif », note Benoit Hellings. C’est la raison pour laquelle, indique-t-il, le Groupe Ecolo-Groen à la Chambre belge a ouvert cette proposition de résolution à la co-signature des membres de tous les autres groupes politiques démocratiques.

Patrick Ndungidi

Légendes et crédits photo : 

Benoit Hellings

Notification: 

Non