Industrie du bois : jusqu’à cent trente-huit taxes officielles répertoriées

Lundi 25 Mars 2019 - 13:09

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C’est sans doute l’une des fiscalités les plus lourdes pour une entreprise opérant en République démocratique du Congo (RDC). Mais à ce jour, la contribution du secteur du bois reste étonnamment basse si l’on se réfère aux potentialités disponibles. Le pays projette tout de même de produire, cette année, plus de cent soixante-dix mille tonnes de grumes pour une valeur de 26,2 millions de dollars américains.  

Avec ses cent cinquante-cinq millions d’hectares de forêts, la RDC devrait, du moins en théorie, disposer d’une industrie du bois la plus contributrice aux recettes de l’Etat. Aux dires de certains acteurs avertis, le secteur reste très marginal dans l’architecture économique du pays, avec une participation au produit intérieur brut national de moins de 1 %. Pourtant, cette production annuelle de grumes devrait, selon certaines sources indépendantes, s’établir autour de 300 000 m3, soit 5 % de la production totale de la sous-région du Bassin du Congo. L’on est tout simplement très loin du compte et le débat n’en finit plus sur les causes de ce paradoxe.

Pour le pays, il existe réellement un paradoxe entre les potentialités forestières disponibles et la faiblesse des recettes. Cela a conduit à la réalisation d’un certain nombre d’études pour en épingler les causes. La dernière étude en date a été publiée par l’agence Deskeco. Celle-ci relève des difficultés majeures pour la RDC à tirer profit d’une industrie du bois aux possibilités infinies.

De nombreuses contraintes structurelles

Réagissant sur cette question, l’Association technique internationale des bois tropicaux, l’auteur de l’étude publiée par Deskeco, note certaines contraintes structurelles comme l’absence des routes pour faciliter le transport des grumes, le déficit électrique pour faire tourner la machine plus vite, les dures conditions de travail du personnel et l’état de délabrement des communautés riveraines. Au-delà, il faut ajouter d’autres problèmes, dont la difficulté réelle à exporter les grumes et la distance physique entre le site de production et le port. Cette étude révèle également un avantage comparatif des industriels du bois des pays voisins comme le Congo Brazzaville et le Gabon sur le marché international.

Bien entendu, il y a aussi l’épineuse question de la lourde fiscalité. Au fait, elle ne peut être minimisée car cent trente-huit taxes officielles à payer par un exploitant forestier, c'est énorme. Cette situation s’empire lorsqu’on y intègre la défaillance de  la gouvernance du secteur.

« Il y a un déficit criant de l’administration forestière en RDC dans les sites reculés en provinces », renchérit l’étude. Mais ces insuffisances de l’administration forestière ne peuvent éluder l’image négative de l’exploitation forestière en RDC. Le combat des ONG internationales est d’arriver à faire arrêter la production congolaise du bois dans un monde de plus en plus menacé. Une position perçue par de nombreux experts comme une volonté manifeste d’empêcher la RDC de se développer. En effet, comme le rappelle, d’ailleurs, l’étude, l’impact de l’industrie du bois est bien moindre par rapport aux dégâts quotidiens de l’agriculture itinérante sur brûlis, de la coupe de bois de chauffe et surtout de l’exploitation artisanale mal encadrée. Plus de 80 % de la consommation intérieure est couverte par le secteur informel. Ce dernier intervient également à l’international, par l’exportation « illégale » de certaines grumes.            

Laurent Essolomwa

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