Interview. Béril Nzila : « La carrière d’un artiste ne se construit pas du jour au lendemain »

Jeudi 19 Septembre 2019 - 20:39

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Béril Nzila est l’un des formateurs retenus par l’Institut français du Congo (IFC) de Brazzaville pour former trente artistes congolais aux métiers de la musique urbaine. Ingénieur en gestion des industries culturelles, label Manager Afrique chez Believe digital France et formateur à l’Ecole des Beaux Arts de Brazzaville, il dégage dans cet entretien l’intérêt des métiers culturels.

Les Dépêches du Bassin du Congo (L.D.B.C) : Vous faites partie des formateurs retenus par l’IFC de Brazzaville pour la formation aux métiers de la musique urbaine. Peut-on savoir sur quoi vont porter vos enseignements ?

Béril Nzila (B.Nz.) : Le module dont j’ai la charge s’intitule "Industrie musicale". Il s’agit pour moi de montrer aux artistes, managers, beatmakers et à tous les participants l’écosystème de l’industrie de la musique, son environnement et son fonctionnement. Je leur explique le travail dans l’industrie culturelle. Etant artiste, manager, l'on peut développer des projets afin de générer des économies.

L.D.B.C. : Comment définissez-vous alors l’industrie musicale ?

B. Nz. : L’industrie musicale est un lieu où se passe un process industriel pour pouvoir produire et obtenir un produit culturel.

L.D.B.C.: Les jeunes artistes que vous formez comprennent-ils l’importance de ce savoir que vous leur transmettez ?

B. Nz. : Il faut dire qu’il y a l’engouement car la première des choses c’est la découverte des métiers de la culture, les métiers spécifiques à la musique et les partenaires d’un artiste. Il est important de connaître ces partenaires qui  sont les managers, les tourneurs, les diffuseurs, les distributeurs et nous leur apprenons comment un artiste peut collaborer avec eux. Ils impactent la vie d’un artiste.

L.D.B.C.: C’est un nouveau champ d’action que vous leur présentez. Etes-vous sûr de les voir se démarquer de la réalité ?

B. Nz. : Oui. Il faut être optimiste. Aujourd’hui, si je parle des majors qui s’intéressent à l’Afrique, c’est parce que ces structures ont compris que dans nos pays, il y a du potentiel. Et les jeunes au Congo doivent y croire. Pour gagner dans l’industrie de la musique, il faut se former et s’informer. Je suis confiant que nous parviendrons à des résultats probants et, au sortir de cette formation, les artistes pourront s’épanouir dans les prochaines années. Car, la carrière d’un artiste ne se construit pas du jour au lendemain.

L.D.B.C. : Vous prônez également un festival dénommé Ici c l'Afrik. Qu’en est-il exactement ?

B. Nz. : Ici c l'Afrik  est un événement créé sur initiative des jeunes congolais qui ont compris qu’il y avait un vide dans le secteur des cultures urbaines. A la création, nous voulions promouvoir le hip hop qui a toujours été marginalisé pendant que les personnes évoluant dans la rumba ou dans les entreprises en local se réapproprient ses codes pour pouvoir faire la musique. Il était alors important de mettre en avant ce genre de musique (…) Ce festival est aujourd’hui à sa septième édition ; il a contribué à la visibilité du Congo à l’international grâce aux artistes locaux qui ont fait la ronde de certains pays du continent et de l’Occident.

L.D.B.C. : Maintenant que vous êtes rentré définitivement au pays, sur quel projet travaillez-vous présentement ?

B. Nz. : Je suis en train de travailler sur plusieurs projets. Actuellement, je suis sur un projet phare qui s’appelle UBK, Urban Brazza Kelassi, qui est l’université de Brazzaville pour la culture. C’est un concept qui a été lancé pour renforcer les capacités des acteurs culturels ou des diplomates culturels, de la société civile sur des questions culturelles et de leur impact sur le développement social, économique. Le second projet, c’est un cabinet conseil dans le domaine de la culture dont le but est d’accompagner les opérateurs et les associations culturels, y compris toutes les personnes qui souhaitent entreprendre dans ce domaine à mieux s’organiser pour vendre leurs produits ainsi que leurs projets. Et depuis quelques mois, nous avons initié, toujours avec le même cabinet, un concept dénommé Le Kamba Awards, une soirée de remise de prix, dont la deuxième édition a lieu l’an prochain.

Propos recueillis par Achille Tchikabaka

Légendes et crédits photo : 

Béril Nzila

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