Interview. Jean-Yves Ollivier : « La Fondation Brazzaville soutient l’initiative africaine contre les faux médicaments »

Mardi 7 Janvier 2020 - 16:45

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Dans un entretien exclusif avec Les Dépêches de Brazzaville, le président de la Fondation Brazzaville qui est presente  sur tous les fronts de la résolution des conflits, de la préservation de l’environnement et de la conservation de la nature, notamment en Afrique, s’est exprimé sur les enjeux du premier sommet des chefs d’État africains consacré à la lutte contre les faux médicaments, prévu du 17 au 18 janvier à Lomé, au Togo.     

Les Dépêches de Brazzaville(L.D.B) : Que pensez-vous de la problématique des faux médicaments ?

Jean-Yves Ollivier(J-Y.O) : Cette plaie que sont les divers trafics sur les faux médicaments est bien connue des experts depuis des années. Ils en connaissent l’ampleur. On en parle à haut niveau mais aucune décision centralisée n’a jusqu’à présent été prise sauf la proposition de l’accord international appelé Médicrime.

Le grand public n’est pas informé et encore moins les consommateurs. Jusqu’à ce jour, les pays concernés n’ont pas encore clairement créé d’organismes responsables qui chapeautent l’ensemble des institutions concernées par ce fléau.

Le trafic des faux médicaments est-il de la responsabilité du ministère de la Santé ? du ministère de l’Intérieur ? du ministère de la Défense ? des douanes ? des services ? du ministère des Affaires étrangères ? Il faut donc que l’autorité suprême de chaque pays se donne les moyens d’action en créant une coordination responsable non seulement sur le plan national mais aussi sur le plan international, c’est ce que la Fondation Brazzaville s’évertue à motiver.

L.D.B : Quelle est l’ampleur du trafic sur le continent africain ?

J-Y. O : Les chiffres varient selon les diverses organisations internationales mais on peut considérer sans trop se tromper que 900 000 Africains environ meurent chaque année pour avoir fait confiance à des faux médicaments. D’une façon plus certaine, nous savons que le trafic mondial des médicaments représente plus de 200 milliards de dollars par an beaucoup plus que toutes les drogues réunies. L’OMS retient le chiffre de 122 000 enfants africains morts chaque année, par l’absorption de faux anti-malaria.

L.D.B : Que peut-être le rôle des organisations non-gouvernementales à l’instar de la Fondation Brazzaville, coorganisatrice du sommet des chefs d’État africains ?

J-Y. O : La Fondation Brazzaville ne fait que soutenir une initiative africaine et bien sûr les ONG ont leur place à jouer à nos côtés et au côté de l’Afrique ne serait-ce que pour alerter les opinions mondiales.

L.D.B : En raison du caractère transfrontalier du trafic, une coopération interafricaine est-elle envisagée ?

J-Y. O : Elle est nécessaire et la criminalisation pour être efficace doit être transfrontalière et les solutions doivent être au niveau du continent.  

 

Propos recueillis par Fiacre Kombo

Légendes et crédits photo : 

Jean- Yves Ollivier/DR

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