Interview. Noellie Tamaris Ngombe: « Entre Elles, une maison virtuelle dédiée aux femmes du Congo Brazzaville »

Vendredi 4 Octobre 2019 - 15:26

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Entrepreneure vivant à  Paris, mère et cheffe de projet communication au sein d’une banque européenne le jour, Noellie Tamaris Ngombe aussi blogueuse littéraire la nuit et fondatrice du réseau « Entre Elles », une initiative féminine qui veut axer son action dans son pays. Désireuse de s’engager auprès de ses pairs, elle nous livre les grandes orientations de son collectif.

 

 

Les Dépêches du Bassin du Congo  (L.D.B.C.): Noellie, que pouvez-vous nous dire sur le collectif Entre Elles?

Noellie Tamaris Ngombé (N.T.N.): Entre Elles  est un collectif de femmes congolaises, une maison virtuelle dédiée aux femmes du Congo- Brazzaville qui réunit huit membres actifs au Congo et en France avec pour mission de les aider et de les soutenir dans leurs démarches administratives, professionnelles et médicales. Le collectif les conseille à travers des rendez-vous hebdomadaires avec différents corps de métiers : juristes, avocates, médecins, responsables des ressources humaines.

L.D.B.C.: Comment définissez-vous cette initiative ?

N.T.N : C’est la première initiative au Congo faite par des femmes pour des femmes. En attendant de créer un lieu physique où les permanences gratuites remplaceront les consultations téléphoniques proposées aujourd’hui par le collectif, "Entre Elles" répond à un véritable besoin, celui de donner des solutions, d’apporter de l’aide gratuite et de tisser du lien social. Les femmes congolaises ont à travers ce collectif un réseau d’appui non négligeable et ce, quelle que soit la demande.

L.D.B.C. :  Combien de demandes avez-vous reçues depuis le lancement de votre activité bénévole ?

N.T.N.: J’ai créé ce collectif, il y a un an. Le site a été lancé en juin dernier et nous avons enregistré plus de cinq mille visites et une quarantaine de demandes à ce jour. Le site nous a permis de présenter notre activité et d’être en contact avec le plus grand nombre de femmes via le formulaire et notre adresse email collectifentrelles@gmail.com.

Nous avons accompagné des étudiantes sur la réécriture de leurs CV, des femmes dans leurs démarches notariales et certaines jeunes filles pour des aides médicales. C’est, d’ailleurs, en recevant un grand nombre de demandes de jeunes congolaises que le collectif a lancé, en juillet, une collecte de serviettes hygiéniques pour les collégiennes de Brazzaville et de Pointe-Noire.

L.D.B.C. : En quoi consiste votre opération « Collèges » ?

N.T.N : Le collectif a récolté des dons à Paris, à Brazzaville et à Pointe-Noire. Près de mille deux cents serviettes hygiéniques seront données aux collégiennes des établissements Nganga-Edouard( Brazzaville) et Jean-Félix-Tchickaya ( Pointe-Noire). L’idée est de faire face aux problèmes rencontrés par la gent féminine dans notre pays. Il existe un véritable tabou sur l’accès aux soins et à certains besoins primaires. Beaucoup de jeunes filles se retrouvent coincées au domicile familial une fois par mois par manque de protections hygiéniques. J’ai conscience qu’une seule action ne résoudra pas tous les maux de la société, mais j’apporte une modeste contribution mensuelle à certaines familles en faisant ce geste. Grâce aux réseaux sociaux, facebook, linkedin et instagram notamment, le collectif a lancé cette opération et de nombreux dons ont été collectés, une chance d’avoir eu autant de participations, et pour ce mois d'octobre, des jeunes filles pourront en bénéficier.

 L.D.B.C .:  Qu’avez-vous prévu pour la suite ?

N.T.N. : D’autres opérations suivront en faveur de mes sœurs et mères congolaises. Dans un premier temps, nous avons pour mission d’accompagner gratuitement mais surtout anonymement chaque femme qui nous contacte. L’opération « Collèges » représente la première action publique, nous avons prévu de sensibiliser les plus jeunes d’entre nous à d’autres sujets tels que le papillomavirus et son vaccin, l’endométriose, les études post-bac, l’entrepreneuriat féminin au Congo et bien d’autres.

L.D.B.C : Un mot pour terminer ?

N.T.N.: Je reste résolument convaincue que notre modeste action fera écho dans le cœur des sœurs, des mères et des filles du Congo. C’est une phrase qui résonne en moi et que je continuerai de clamer car elle complète mon actuelle action en leur faveur. Notre site https://www.entreellescongo.com/.

Karim Yunduka

Légendes et crédits photo : 

Noellie Tamaris Ngombé

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