Interview. Paul Raphaël Ongouala :« Beaucoup d'aspects sont à l'origine des coûts élevés des produits agricoles sur le marché »

Vendredi 15 Novembre 2019 - 16:00

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Le Centre de démonstration des techniques agricoles (CDTA) participe, avec l’Académie d’agriculture tropicale de Chine, à la formation des producteurs à Sibiti, dans le département de la Lékoumou. Dans un entretien exclusif avec Les Dépêches de Brazzaville, le 13 novembre, son directeur, Paul Raphaël Ongouala, revient sur les avancées réalisées et les défis du monde rural.

Les Dépêches de Brazzaville (L.D.B.) : Pendant un mois, des experts chinois vont former des producteurs à Sibiti. Pourquoi le choix de cette localité?

Paul Raphaël Ongouala (P.R.O.) : Le choix du chef-lieu de la Lékoumou est motivé par des problèmes phytosanitaires qui s'y posent, en l’occurrence la propagation des ravageurs de manioc. C’est la raison pour laquelle le Premier ministre avait instruit le ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture, et celui de la Recherche scientifique, à mener une action conjointe en vue d’éradiquer les maladies végétales.  

Dans ce sens, notre ministre de tutelle a pensé nous envoyer sur le terrain pour sensibiliser les producteurs à ces risques et de les préparer à faire face au fléau.

L.D.B. : L’on parle beaucoup des ravageurs qui attaquent les plantations. Quels sont les risques ?

P.R.O. : En général, quand nous parlons des maladies ravageuses du manioc, nous faisons allusion à la mosaïque présente un peu partout dans notre pays. Il existe aussi des types d’insectes comme la cochenille qui ravagent le manioc. Ces ravageurs freinent le développement de la culture du manioc et d’autres produits.

L.D.B.: Selon vous, cette initiative avec les partenaires chinois peut-elle contribuer à booster les activités économiques ou bien il en faut plus ?

P.R.O. : Je pense qu’une seule initiative ne peut pas booster quelque chose comme nous l’avons dit à l’ouverture de la formation. En plus de la formation, comme c’est le cas actuellement, il faut qu’il y ait d’autres actions qui doivent suivre. La direction départementale de l’Agriculture et les différents secteurs devraient continuer à faire ce travail à travers les actions de vulgarisation à l’intérieur des villages.   

L.D.B. : C’est depuis quelques années que vous êtes à la tête du CDTA, avez-vous le sentiment d’avoir réalisé des projets dans ce secteur ?

P.R.O. : Effectivement ! Le centre a été créé en 2008 et l’inauguration par le président a eu lieu en septembre 2012. Après, il y a eu un grand travail qui a été fait. Je pense particulièrement à la recherche de développement et à la formation que nous avons réalisées pour donner de la valeur ajoutée à cette structure.

Parce qu'en ce qui concerne la formation, le CDTA a déjà formé plus de mille deux cents producteurs dans tous les départements du pays, y compris les agents du secteur agricole. Ces agents ont reçu des formations et les ont pérennisées dans le cadre des activités du centre.  

Les échos qui nous reviennent du monde rural indiquent bien que les producteurs formés ont changé leurs habitudes, leurs modes culturales. Mieux, le but de la formation est de porter les connaissances scientifiques que nos producteurs ne disposent pas.

La particularité de la formation sur les techniques agricoles, c’est qu’elle ne se fait pas seulement qu’en français mais aussi dans les langues vernaculaires, en lingala, kituba…, en plus de la formation pratique sur le terrain.

L.D.B. : Mais sur le marché, les produits frais coûtent toujours cher. Comment expliquez-vous cela ?

P.R.O. : Il y a beaucoup d’aspects qui expliquent cela. Au niveau de la Lékoumou, par exemple, pour acheminer les récoltes jusqu’à Brazzaville, les agriculteurs ont besoin des moyens de transport accessibles. À cela s’ajoute le problème des intrants. Les producteurs doivent les acheter, alors qu’ils n’ont pas assez de moyens. Jusqu’à présent, les travaux champêtres se font avec les moyens rudimentaires, au lieu de la mécanisation comme dans d’autres pays. C’est ce qui explique ce faible rendement et la vie chère.  Mais le ministère de tutelle s’engage à développer le secteur, prônant la mécanisation pour la filière manioc, depuis la production jusqu’à la récolte.

 

 

 

Propos recueillis par Fiacre Kombo

Légendes et crédits photo : 

Le directeur du CDTA, Paul Raphaël Ongouala

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