Interview. Roger Balindamwami Nfunebashiga : « L’AFDC reste la force du Congo »

Mardi 25 Février 2020 - 18:40

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Dans cet entretien exclusif accordé le 25 février au Courrier de Kinshasa, cet ingénieur, chef des travaux et l’un des co-fondateurs de la plate-forme politique que pilote le sénateur Modeste Bahati Lukwebo, le temps, l’usure ni la dissension interne n’ont eu raison de ce regroupement, qui a fait des scores redoutables lors des dernières élections et qui se prépare à faire davantage pour mettre en application sa vision pour le Congo, en vue du bien-être des Congolais qui continuent à croire en lui.

Le Courrier de Kinshasa : En tant que cadre de l’Alliance des forces démocratiques du Congo (AFDC), quelle lecture faites-vous de la situation politique du pays ?

Roger Balindamwami : On ne peut pas parler de la situation politique du pays sans faire allusion à la situation sociale de sa population. Or, les dernières élections ont démontré, tenant compte des résultats obtenus par mon parti politique avec ses alliés : députés, sénateurs et gouverneurs, que le peuple congolais fait confiance à ce dernier.

Ceci m’amène à confirmer que ce sont des millions de Congolais qui attendent que le président Tshisekedi Tshilombo puisse intégrer  la vision de l’AFDC dans sa politique. Les Congolais membres et sympathisants de l’AFDC attendent de lui un vrai changement car il nous a dit : « Le peuple d’abord

LCK : Aujourd’hui votre plateforme politique semble être en léthargie, la dissension l’a-t-elle assommée ?

RB : Non ! Les opportunistes dissidents étant déjà servis, il temps qu’il prouve de quoi ils sont capables par le travail qu’ils vont fournir. A l’AFDC, nous avons pour devise « Démocratie, Citoyenneté et Travail ». Or, vous conviendrez avec moi que jusque-là, nous ne sommes pas encore sortis de cette logique. En dix ans d’existence, avec le résultat obtenu aux élections passées, nous avons l’intention de dupliquer cette façon de travailler à l’ensemble du peuple congolais. Il faut aussi noter que ces opportunistes ont, pour la plupart, intégré le parti que quelque temps avant les élections. Cela signifie qu’ils n’ont jamais été parmi les initiateurs de ce dynamisme de l’AFDC, d’où la difficulté de donner la vraie image de l’AFDC. « Calme eleki tout », dit-on. Nous sommes « la force du Congo », et le Président Fatshi ne peut pas se passer de cette dernière. Nous sommes donc sûrs qu’au prochain remaniement, puisque les opportunistes auront déjà montré leurs limites, nous allons maintenant servir le peuple congolais avec les autres plateformes comme il se doit.

LCK : Une certaine opinion disait que l’AFDC que conduit le Sénateur Bahati Lukwebo a approché le pouvoir. Quel est à ce jour le rapport entre votre plateforme et la coalition Cach-FCC ?

RB : Nous ne pouvons-nous rapprocher du pouvoir que pour l’intérêt majeur de la population. Or, les millions de Congolais qui font confiance à l’AFDC et ses alliés, puisque travailleurs, ne croisent pas les bras car ils ne se retrouvent pas encore alors qu’ils ont soif du vrai changement. A l’AFDC et alliés, nous avions déjà intégré la devise « le peuple d’abord ». Ce qui explique aussi ce rapprochement avec beaucoup de détermination avec le pouvoir car « ensemble, la RD Congo est forte ».

LCK : Le régime actuel a entamé sa deuxième année et Fatshi promet que 2020 sera l’année de l’action. Selon vous, en quoi consistera cette action ?

RB : En 1960, le niveau de vie des RD Congolais était bien plus supérieur au niveau de vie de beaucoup de pays en Afrique et dans le monde. Aujourd’hui, nous sommes au bas de l’échelle. Une seule raison à cela : le manque de patriotisme. L’unique action qui renferme en elle toutes les autres actions est, à mon avis, je cite le président Fatshi, « le peuple d’abord ». On ne peut aimer son peuple et continuer à le voler, le massacrer, le priver de ses droits les plus élémentaires (eau, électricité, liberté d’opinion, d’expression …), alors que notre Constitution est bien claire là-dessus.

 Chacun en ce qui le concerne doit jouer son rôle. C’est seulement dans cette optique que nous allons mettre fin aux antivaleurs et, par conséquent, proposer par le biais de nos députés un budget à la hauteur du Grand Congo, en tenant compte de ses plus ou moins quatre-vingt-dix millions d’habitants. Ceci suppose un travail décent, un salaire décent, un environnement assaini, un partenariat interne et externe responsable. Nous disons que l’enthousiasme et la détermination qu’ont les membres de l’AFDC-A, tel que moi-même et les autres, une fois aux affaires, peuvent booster le développement du pays.

LCK : Quel sera, selon vous, l’avenir de l’AFDC et du pays ?

RB: Le Héros national Patrice Emery Lumumba n’a-t-il pas dit dans sa dernière lettre adressée à sa femme : « A mes enfants que je laisse et que peut-être je ne reverrai plus, je veux qu’on dise que l’avenir du Congo est beau et qu’il attend d’eux, comme il attend de chaque Congolais, d’accomplir la tâche sacrée de la reconstruction de notre indépendance et de notre souveraineté, car sans dignité il n’y a pas de liberté, sans justice il n’ y a pas de dignité et sans indépendance, il n’ y a pas d’ homme libre

Pour ma part, l’organisation des élections passées de 2018, sans l’apport extérieur, est un début de la concrétisation de la citation susmentionnée de notre Héros national. Il est question maintenant que chaque Congolais puisse travailler sans relâche, chacun dans son domaine respectif, de façon à capitaliser ce qui a déjà été fait et à apporter des innovations pour le développement de la RD Congo. Seul le travail assure l’indépendance.

Lucien Dianzenza

Légendes et crédits photo : 

L'ingénieur Roger Balindamwami Nfunebashiga

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