Justice : André Okombi Salissa réfute en bloc tous les faits mis à sa charge

Jeudi 31 Janvier 2019 - 20:06

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Inculpé d’atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat et détention illégale des armes et munitions de guerre, l’ancien ministre et député de Lékana, dans le département des Plateaux, a plaidé non coupable, le 31 janvier, devant la Cour d’appel de Brazzaville.

Le procès d’André Okombi Salissa se poursuit ce 1er février avec l’enquête de personnalité. En effet, le principal inculpé comparait seul pendant que ses co-accusés dont son épouse Gisèle Ngoma, le capitaine Jean Claude Ngobolo auprès de qui il avait trouvé refuge, Alphonse Ossibi, Espoir Makosso et le Gabonais Pamphile Mesmin Okieri sont en cavale.

Selon l’arrêt de renvoi de la chambre d’accusation, André Okombi Salissa est l’un des opposants au référendum constitutionnel du 25 octobre 2015 qui s’organisaient sur le comment faire pour empêcher sa tenue et imaginaient les différents moyens pour perturber l’ordre étatique établi. « (…) Seulement, avant, pendant l’élection présidentielle et avant la publication des résultats qui donnèrent le président sortant gagnant, le candidat malheureux, Okombi Salissa André, se soustrayait volontairement de la vie publique en trouvant refuge dans une résidence cachée à Brazzaville, passa à la vitesse de croisière et fit plusieurs déclarations et publications fracassantes par voie de presse écrite, audio et des réseaux sociaux faisant appel à l’insurrection et à la désobéissance civile », peut-on lire dans l’arrêt.

Toujours selon l’instruction, depuis 2007, André Okombi Salissa caressait déjà l’idée d’accéder à la magistrature suprême par tous les moyens alors qu’il était ministre en fonction. Pour cela, l’évolution de la situation politique du pays devrait fournir les moyens pour agir. Ainsi, profitant du meeting populaire qu’allait organiser l’opposition congolaise contre le référendum constitutionnel du 25 octobre 2015, poursuit l’enquête, André Okombi Salissa, ancien ministre de 1997 à 2012, aurait mis en place une stratégie consistant à habiller certains de ses fidèles en uniforme de la Garde républicaine (GR) avec pour mission de tirer sur les manifestants à l’occasion de ce meeting prévu au boulevard Alfred- Raoul, le 20 octobre 2015, puisqu’il était informé de ce que les autorités administratives s’opposaient à la tenue de ce rassemblement. Le but était de mettre cette situation sur le dos de la GR. Cette opération échoua à cause du repenti de son lieutenant-chef d’opération.

« Devant cet échec, l’ancien chef du Front 400 pendant la guerre du 5 juin 1997 ne recula point. Il imagina au contraire une autre stratégie non moins habile que la première pour créer l’émoi et la psychose dans la ville de Brazzaville et pousser le peuple au soulèvement et à l’insurrection. A cet effet, il rassembla ses lieutenants et mit les moyens pour que ceux-ci puissent distribuer les fonds aux anciens chefs de guerre afin de paralyser la ville par des barricades et autres moyens de nuisance, plongeant ainsi la ville dans l’insécurité et dans l’incertitude. Cette entreprise connut un retard dans son exécution et fut avortée », a détaillé l’arrêt de renvoi.

Il est également reproché à André Okombi Salissa d’avoir été de mèche avec le commandant Pamphile Mesmin Okieri alias Mesmin Okemba, de nationalité gabonaise. Il s’agirait d’un ex-agent secret et ancien chef des services de la sécurité extérieure à la présidence gabonaise qui était chargé d’assurer le transport de l’argent et des armes au profit de l’accusé à Brazzaville et de faire connaître les points d’accès au Congo séparant le Congo au Gabon aux mercenaires qu’il avait contactés dans le but de renverser les institutions à Brazzaville.

« J’ai réfuté depuis l’enquête préliminaire jusqu’à la chambre d’accusation, je ne connais rien de tout ce qui m’est reproché »

Des faits niés par le principal accusé qui les qualifie de cruels et graves. En effet, même l’arrêt de la chambre d’accusation reconnaît que l’inculpé n’a jamais reconnu ces chefs d’inculpation. « Comme à l’enquête préliminaire, de même que devant le doyen des juges d’instruction ainsi que comme l’ont confirmé les conseils au niveau de la chambre d’accusation, cette description, cruelle, inhumaine et dithyrambique me laisse pantois non seulement parce que l’accusé ne participe pas à la chambre d’accusation. J’ai réfuté depuis l’enquête préliminaire jusqu’à la chambre d’accusation, je ne connais rien de tout ce qui m’est reproché », a-t-il nié devant la cour.

Et de souhaiter : « Au nom de ce pays qui m’a tout donné, au nom de la justice, au nom de la vérité, au nom de l’impartialité, au nom de la crédibilité de notre institution, vous allez me pardonner certains moments d’ignorance parce que je ne suis pas du domaine, chaque fois que j’ai besoin de faire la lumière pour essayer de déblayer le terrain et de démêler l'echeveau… »   

Notons que la journée du 31 janvier a été marquée par des débats parfois houleux entre les avocats de la défense, le ministère public, la partie civile et la Cour sur des exceptions soulevées par la défense de l’accusé. Il s’agit, entre autres, de la comparution des autorités gabonaises dont le chef de l’Etat, Ali Bongo Ondimba, et la liste des neuf témoins de l’accusation dont deux seulement étaient présents dans la salle.       

Parfait Wilfried Douniama

Légendes et crédits photo : 

- L’accusé André Okombi Salissa et les deux témoins de l’accusation/ DR - Les trois juges de la Cour criminelle /DR

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