Kongo central : le gouverneur Atou Matubuana contraint de démissionner

Mercredi 15 Juillet 2020 - 16:28

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Pour le parquet près la Cour constitutionnelle, sa destitution le 4 décembre 2019 par l'Assemblée provinciale à travers une motion de défiance demeure exécutoire du fait qu'elle n'a jamais été attaquée par un recours.

7sur7Alors qu’il croyait l’affaire tassée pour de bon, le gouverneur de la province du Kongo central, Atou Matubuana, vient d’être rattrapé par une histoire récente de sextape impliquant son adjoint et une femme membre de son cabinet. S’il n’était pas acteur dans cette vidéo qui a circulé sur la toile, le fait que les faits se soient passés dans son cabinet en fait automatiquement un suspect, d’autant plus que certaines langues ont allégué que la femme en question était instrumentalisée pour salir la réputation de son adjoint. Face au tollé que ces images ont provoqué dans l’opinion, l’Assemblée provinciale du Kongo central avait, en son temps, décidé de la destitution du gouverneur de la province par motion de défiance initiée par le député provincial André Masumbu Baya le 4 décembre 2019. Ce qui a été fait. Vingt quatre élus provinciaux sur les vingt-quatre qui composent cette assemblée délibérative avaient voté contre Atou Matubuana.

Cependant, ce vote intervenu six jours après la réhabilitation du gouverneur, n’a jamais été suivi d’effets. Atou Matubuana a toujours continué à assumer ses fonctions de gouverneur jusqu’au mardi 14 juillet où, par une correspondance, le parquet près la Cour constitutionnelle contraint le gouverneur du Kongo central à démissionner. L’argumentaire évoqué par cette instance judiciaire pour motiver sa décision est tout simple, c’est que sa destitution par l'Assemblée provinciale à travers une motion de défiance demeure exécutoire, du fait qu'elle n'a jamais été attaquée par un quelconque recours. « Il ressort de l'examen de différentes pièces versées au dossier qu'aucun recours n'a été enregistré au greffe de la Cour constitutionnelle en vue d'attaquer l'acte de l'Assemblée ayant donné lieu à votre destitution...Je vous enjoins de déposer votre démission auprès du président de la République et de cesser ainsi d'exercer les fonctions de gouverneur », peut-on lire dans la lettre du parquet près la Cour constitutionnelle adressée au gouverneur incriminé.

De ce fait, le parquet invite le vice-Premier ministre de l'Intérieur à désigner un intérimaire en vue d'assurer la continuité des services publics conformément aux lois du pays. Il demande, par ailleurs, au procureur près la Cour de cassation d'instruire le procureur général près la Cour d'appel de Matadi à prendre toutes les dispositions utiles pour assurer la protection des biens de l'Etat lors de la remise et reprise. Dossier à suivre.              

Alain Diasso

Légendes et crédits photo : 

Atou Matubuana

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