L’autisme : une maladie encore peu connue au Congo

Samedi 4 Août 2018 - 19:30

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L'anomalie dont sont victimes beaucoup d'enfants dans le pays a été au centre de l’échange, le 2 août à Brazzaville, entre le ministre de l’Enseignement primaire, secondaire et de l’alphabétisation, Anatole Collinet Makosso; l’ambassadeur de France au Congo, Bertrand Cochery; la délégation de l’association Aide médicale et développement; ainsi que la coordonnatrice de l’école spéciale « Case Saint-Dominique ».   

L’échange a porté sur la maladie d’autisme au Congo, la situation des enfants qui en souffrent, son dépistage et sa prise en charge ainsi que le rôle du réseau scolaire dans cette procédure pour les patients, a expliqué Bertrand Cochery à sa sortie d’audience.

Selon lui, ces enfants sont de plus en plus fragiles face à cette anomalie. A cet effet, l’espoir ne doit pas être perdu, a-t-il insisté, avec une pensée pour les familles dont la plupart ont du mal à parler de la situation de leurs propres enfants.

Partout dans le monde, a expliqué l'ambassadeur de France, ces enfants sont stigmatisés et mis à l’écart, subissent des maltraitances alors qu’il existe beaucoup de solutions qui peuvent permettre leur prise en charge.     

Bertrand Cochery  a, par ailleurs, émis le souhait d’une vraie démarche de l’Etat avec un accompagnement, en se servant de l’expérience de son pays dans ce domaine. Il a indiqué que la question fera également l’objet d’une discussion avec les ministres en charge des Affaires sociales et de la Santé, parce que l’autisme fait partie des sujets à traiter en format interministériel afin de travailler en solidarité.   

De son côté, Dominique Heymann, de l’association Aide médicale et développement (AMD), a présenté sa structure basée à Grenoble, en France. Celle-ci travaille avec des professionnels de psychiatrie ainsi que de l’éducation spécialisée dans plusieurs pays d’Afrique dont le Congo. L’idée est d’échanger leurs connaissances autour des pratiques sur l’autisme en vue de trouver des solutions pour accompagner ces enfants dès leur premier mois.

L’AMD voudrait former les éducateurs pour la prise en charge des enfants atteints de cette maladie en vue de les accompagner dans les écoles spécialisées. Cette association forme aussi les enseignants capables de recevoir ces enfants présentant des fragilités psychiques dans les salles de classe. « Les parents ne doivent pas être culpabilisés d’avoir des enfants atteints d'autisme, avec des troubles de personnalité et de développement, parce que ce n’est pas un problème de fatalité ou de la sorcellerie », a dit Dominique Heymann.   

Sœur Pélagie Ida Louvouandou, de l’école spéciale « Case Saint-Dominique », a défini l’autisme comme un trouble neuro développemental qui perturbe la croissance de l’enfant. La maladie est très peu connue au Congo, a-t-elle souligné, ajoutant  que les enfants vivant avec ce handicap sont exclus par les familles, dans les quartiers et à l’école, parce qu’ils ne peuvent pas avancer comme les autres. « Ces enfants sont reçus et scolarisés à la Case Saint-Dominique. Le constat est qu’ils peuvent avancer et se développer avec un accompagnement, un appui et un travail individualisé », a assuré Pélagie Ida Louvouandou.   

Déplorant le manque de sensibilisation à la maladie au Congo, la coordonnatrice de Case Saint-Dominique a loué l’engagement du ministre  pour la réalisation d’une enquête afin de recenser ces enfants. Elle a signifié que dès quatre à neuf mois, l’on peut repérer certains signes d’autisme chez un enfant d’après les études faites.

Pélagie Ida Louvouandou a  conclu que le ministre de l'Enseignement supérieur a rassuré sur la possibilité de travailler avec d’autres ministères pour arriver à la synergie en vue d’apporter une aide aux enfants et aux parents pour le vrai diagnostic de l'autisme et une vraie prise en charge.     

Lydie Gisèle Oko

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