Les immortelles chansons d’Afrique : « Mwanga » de Franklin Boukaka

Jeudi 20 Février 2020 - 20:52

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Franklin Boukaka a laissé une empreinte tant au Congo que sur l’échiquier international. Il a rejoint les limbes dans la nuit du 23 au 24 février 1972. Quarante-huit ans après, sa musique est toujours débout comme les pyramides des Pharaons et sa chanson « Mwanga » ne cesse d’être interprétée par des orchestres de renom.

Ce titre est une complainte à l’endroit d’Antoinette Mwanga, Styliste modéliste de renom, morte dans les circonstances qui demeurent toujours inexplicables. En 1965, Mwanga et Franklin vivaient le grand amour. Ils habitaient dans la même maison dans la rue des martyrs à Moungali, quatrième arrondissement de Brazzaville. Puis est venu un temps où les deux ne s’entendez plus. Ils décidèrent donc de se séparer. En apprenant son décès, Franklin chante : « Mwanga, personne  n’échappe à la mort, on le sait mais la douleur causée par ta mort me pousse à me demander pourquoi tu es parti si tôt. Tes amis et toute la ville de Brazzaville te pleurent.  Où  est allé Mwanga ? Si la mort avait un prix, moi Boukaka, je l’achèterais pour t’en épargner, Faignon (père) et Manu Dibango aussi feraient autant », raconte en substance ce tube teintée de mélancolie.

C’est en 1971 que l’édition Sono disque va contacter Manu Dibango pour l’enregistrement de l’album « Le bucheron » dans lequel figure le titre « Mwanga ». Cette même année l’orchestre cubain Aragon effectuera un voyage à Pointe-Noire. Clément Ossinondé et Franklin Boukaka vont ensemble organiser  le séjour d’Aragon. « Je me rappelle encore de ce violoniste qui nous  révéla ses origines congolaise quand nous étions à Diosso où s’effectuait l’embarquement des esclaves congolais vers les Caraïbes. Très ému, il versa des larmes avant d’emballer une motte de terre pour ramener à ses parents à cuba », raconte Ossinondé. Pendant son séjour, le groupe va être séduit par la qualité artistique du morceau « Mwanga » avant de l’interpréter quelques années plus tard. D’autres versions verront le jour avec des  groupes comme El Gran Combo, Typica Novel, Broadway, etc.

Fils d'Aubin Boukaka et d'Yvonne Tsatouabaka, François Boukaka, dit Franklin est né le 10 octobre 1940. Il commence sa carrière musicale à l’âge de 15 ans au côté de Samba Miguel dans le groupe « Sexy jazz ». En 1957, il intègre le « Sympathique jazz » et est parmi les créateurs de l’orchestre «  Negro Band ». Il figure également parmi les fondateurs de « Vox Africa » avec Jeannot Bobenga en 1959. La même année, il fait son entrée dans « Cercul Jazz ». Après l’effondrement de cet orchestre, Franklin va créer  le groupe « les Sanza ». C’est le début d’une carrière internationale. Il a eu des prestations scéniques de grande ampleur à Moscou, Madrid, Pékin, Belgrade, Berlin, Pyong Yang, etc. 

 

Frédéric Mafina

Légendes et crédits photo : 

Une pochette de l'album de Franklin Boukaka

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