Les immortelles chansons d’Afrique : « Nazoki » de Mamie Claudia

Vendredi 25 Septembre 2020 - 13:28

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Impératrice de la chanson congolaise, Mamie Claudia a su imprimer la musique congolaise version féminine dans les mémoires des mélomanes africains. « Nazoki », son titre éblouissant s’est propagé au-delà du continent africain.

« Nazoki », en Lingala se traduit  par « je suis blessée ». C’est l’expression d’un cœur éclopé suite à une déception amoureuse. Après avoir connu la bérézina due au divorce d’avec son époux qu’elle aimait tant, Mamie Claudia écrira cette chanson devenue culte pour les amoureuses déçues. D’une voix chaude et sensuelle l’artiste chante avec exaspération : « Soki ndé to yébaka mayé ma ko yéla biso kasi to fina bouton ya destin po manso mabonga oh mama munu eh. Soki ba victimes ya l’amour ba yébaka suka na yango kasi ndé ba zua ba précautions po manso mabonga oh mama munu eh, oh po ésimba, oh suka sé liwa. Soki pé na yébaki bolingo ya ngaï na yo éko baluka kasi na banda yango na l’envers po ésimba, oh po yo olinga ngaï, oh suka sé liwa », « si nous avions la capacité de sonder l’avenir pour connaitre les événements douloureux dont nous serons victimes, nous aurions appuyé sur le bouton du destin pour que les choses aillent bien. Si les victimes de l’amour connaissaient la fin malheureuse de leurs histoires d’amour elles auraient pris des précautions pour que tout s’arrange jusqu’à ce que la mort vienne les séparer. Si j’avais su que notre amour tournerait mal à la fin, je l’aurais commencé à l’envers pour qu’il termine bien, pour que tu m’aimes et que la mort nous sépare ».    

Auto- produit par la chanteuse congolaise, cet album paru en format 33 tours, sous la référence N° 793019 a connu un succès considérable au regard des ventes effectuées par le label de distribution « Wam » (West african music), installé à Abidjan. Il faut rappeler que « Wam », comme l’indique son nom en français : la musique de l’Afrique de l’ouest, avait pour principale vocation la distribution des œuvres musicales ouest africaines. Toutefois, les qualités artistiques de la vedette congolaise avaient convaincu les responsables de cette firme à accepter l’accord de distribution qui leur avait été proposé. Ce disque a connu la participation des artistes suivants : Chant : Mamie Claudia. Chœur : Mamie Claudia, Diane Solo, Danielle Loko, Lokoua Kanza. Guitare solo : Géo Bilongo. Guitare accompagnement : Lokassa ya Mbongo. Guitare  basse : Manana Antoine. Piano-Violon-Synthétiseur : Akalé Gata. Tumba : Houon pierre. Drums : Ringo Moya. Percussions : Lokua Kanza, Rigo Moya, Houon Pierre, Lokassa ya Mbongo. Saxo alto : Moro Maurice Beya. Trompette : Kabongo Wetu. Ingénieur de son : Emile Valognes. Direction musicale : Lokassa ya Mbongo.

Mathurine N’zonzi, alias Mamie Claudia, entreprit avec succès une carrière musicale qui s’explosa à Abidjan. C’est dans cette ville qu’elle obtiendra son Brevet Technique Supérieur (BTS) en comptabilité. Elle avait toujours gardé des attaches très fortes avec la capitale ivoirienne, même quand elle avait regagné Brazzaville, ville où elle naquit en juin 1957. C’est à Abidjan, en Côte d’Ivoire,  que Mamie Claudia rejoindra les limbes le 20 novembre 1998, à l’âge de 41 ans.           

Frédéric Mafina

Légendes et crédits photo : 

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