Libye : le Premier ministre Abdallah al-Thani a prêté serment

Mardi 30 Septembre 2014 - 15:22

Abonnez-vous

  • Augmenter
  • Normal

Current Size: 100%

Version imprimableEnvoyer par courriel

Le chef du gouvernement libyen qui avait démissionné de son poste après les élections de juin a été installé officiellement dans ses fonctions dimanche à Tobrouk, suite à l’approbation du nouveau gouvernement par le Parlement élu.

La cérémonie est intervenue un jour après que les autorités libyennes ont appelé la communauté internationale à fournir davantage d’armes dans le cadre de la lutte contre les milices islamistes.

La nouvelle équipe gouvernementale qu’il dirige est composée de 13 ministres, dont trois députés proches d’Abdallah al-Thani, mais le poste du ministère en charge du pétrole n’a pas été pourvu pour des raisons jusque-là inconnues. Ce département ministériel sera néanmoins dirigé par la société National Oil Corp, comme sous l’ère Kadhafi.

Malgré la prestation de serment du Premier ministre, la Libye sera toujours en proie au chaos puisque les deux gouvernements et deux parlements concurrents qui s’y trouvent se disputent encore aujourd’hui la légitimité politique, alors que les combats entre milices rivales font rage. Et  le parlement transitoire sortant, le Conseil général national (CGN) dominé par les islamistes, s’emploie à reprendre ses activités avec l’espoir de chasser le nouveau parlement composé en majorité par des libéraux.

En juin dernier, un nouveau parlement, reconnu par la communauté internationale avait été mis en place à Tobrouk pour échapper aux milices islamistes dans la capitale Tripoli, mais avec le chaos qui s’est installé dans le pays, il a du mal à se faire entendre. Le Conseil général national, l’ancien parlement qui tient à tout prix continuer à légiférer, use d’un prétexte pour y parvenir : il a déclaré vouloir sauvegarder la souveraineté de la Libye.

La semaine dernière, le nouveau parlement s’était engagé pour une seconde liste ministérielle après en avoir rejeté une première composée de 16 membres, jugée trop longue. En dépit du retour et de l’installation dans ses fonctions d’Abdallah al-Tani, la communauté internationale est particulièrement inquiète de la situation dans le sud du pays, véritable trou noir qui sert de base arrière à des groupes armés djihadistes et de trafiquants de tout acabit. D’ailleurs de bonnes sources indiquent que le groupe djihadiste libyen Ansar-al Charia est particulièrement bien implanté à Benghazi, deuxième ville du pays à 1000 km à l’est de Tripoli.

Devant la présence des milices et des groupes djihadistes, les autorités en place peinent à asseoir l’autorité de l’Etat et à contrôler les anciens rebelles qui ont combattu le régime de Mouammar Kadhafi. Ces derniers luttent maintenant pour le pouvoir et une partie des revenus pétroliers.

Nestor N'Gampoula