Lire ou relire : « Désir d’Afrique » de Boniface Mongo-Mboussa

Jeudi 29 Octobre 2020 - 19:53

Abonnez-vous

  • Augmenter
  • Normal

Current Size: 100%

Version imprimableEnvoyer par courriel

L'essai publié aux éditions Gallimard est un puissant plaidoyer en faveur de la littérature africaine réalisé par un critique littéraire africain.

Le souci d’écrire l’histoire du continent africain anime de plus en plus l’élite africaine face aux incohérences souvent décriées dans des ouvrages écrits par des Occidentaux spécialistes des questions d’Afrique. Au-delà d’une passion puérile, le critique littéraire congolais Boniface Mongo-Mboussa explore la production littéraire africaine depuis les pères de la Négritude jusqu’aux plumes émergentes du XXIe siècle.

Cette œuvre analytique n’est certes pas exhaustive, néanmoins elle est fondamentale. D’une part, elle présente un tableau englobant des classiques africains et, de l’autre, elle fait une synthèse assez pertinente des thématiques majeures de la littérature africaine de façon diachronique.

La littérature africaine a la particularité d’être fortement liée au vécu. Et souvent c’est une écriture soit de révolte, soit de réminiscence culturelle en guise de mémorial, ou encore d’appropriation de l’exotique pour enrichir le fait endogène. En bref, d’amont en aval, la quête identitaire et l’altérité demeurent, depuis des lustres, les caractéristiques majeures de cette portion de la littérature mondiale.

Pour Sami Tchak, qui a écrit la postface, « Désir d’Afrique offre la possibilité, même à celui qui ignore encore tout de la littérature africaine, de l’aborder sous la forme d’une mise en scène où apparaissent nombre des principaux acteurs qui la font » (page 369).  Quant au préfacier, Ahmadou Kourouma voit en cet ouvrage une immense œuvre d’érudition, un grand trésor caché à exploiter, dont la cachette n’est qu’un secret de polichinelle. « De page en page, écrit-il, on est surpris de constater tout ce qu’on ignorait et que Mongo-Mboussa nous apprend ; rapidement on comprend, on comprend jusqu’à aimer ces chevaliers de la plume, jusqu’à désirer l’Afrique et ses problèmes » (page 17). 

Docteur ès lettres, Boniface Mongo-Mboussa est enseignant supérieur de littérature francophone à Paris, critique littéraire à la revue L’Atelier du roman et animateur de l’émission « Francoscopie » pour la radio Fréquence protestante.

Aubin Banzouzi

Légendes et crédits photo : 

Couverture de l'ouvrage

Notification: 

Non