Lire ou relire : « La Sobanga des paradoxes » de Paul Evariste Okouri

Jeudi 22 Août 2019 - 23:32

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 « Je ne peux imaginer la politique que comme une entreprise de profit et d’ambition personnelle et n’ai qu’un désir, m’en écarter à jamais », l’affirmation de Marie Chaix trouve son sens plénier dans ce roman.

Les thématiques de la politique et de la mal-gouvernance sont très prisées par tant d’écrivains africains d’expression française. Le Pleurer-rire d’Henri Lopès et Sur la braise d’Henri Djombo, deux icones de la littérature congolaise, en sont des parangons. La Sobanga des paradoxes s’inscrit, à son tour, dans ce même sillage.

La République de la Sobanga est un petit pays aux « richesses incommensurables » (p. 85). Sa population, peu nombreuse, est misérable à cause du régionalisme prôné par « Ngalion », le président indolent. En accédant au pouvoir, il installe à tout niveau des hommes politiques incompétents et dépourvus d’éthique, « Kambia, Songoua et Oliavi » qui, au lieu d’être au service de la nation, se remplissent les poches en mettant en place des mécanismes de destruction du pays et des « vertus catégorielles de la vie humaine » pour mieux régner. La division des ethnies, le détournement des fonds, la corruption et le chômage très élevés, le népotisme, les injustices et d’autres actes de cet acabit voient le jour. Le mérite est mal traité ; la raison étouffée.

C’est dans ce pays qu’Ompfouma, personnage principal et père de sept enfants mène une vie instable. Il est instituteur, détaché à la municipalité de Voula, la capitale de la République de Sobango, et muté à la société des transports publics de Voula par la mairie. Lorsque s’annonce la faillite de la STPV, elle licencie ses travailleurs dont Ompfouma, en payant la moitié de leur droit.  Le retour à son ministère de tutelle, malgré ses multiples tentatives, sera un échec à cause du maire de la ville, Monsieur Oliavi, qui l’escroque en complicité avec le procureur de la République qui le met en prison après avoir reçu une enveloppe du maire.

Né en juillet 1954 à Djambala en République du Congo, Paul Evariste Okouri est journaliste à la télévision nationale congolaise et membre de la Fédération des hommes de lettres. Il est aussi auteur du roman « Prison à vie ».

Aubin Banzouzi

Légendes et crédits photo : 

Couverture du livre

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