Lutte contre la pauvreté : les Etats exhortés à plus de vigilance aux problèmes liés au développement

Mercredi 11 Décembre 2019 - 11:30

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Dans son rapport 2019 publié le 10 décembre, le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) s'inquiète des inégalités au sein des communautés à travers le monde, demandant aux gouvernants de mettre sur pied une politique efficace susceptible de remédier aux  écarts de niveau de vie que subissent de millions de personnes.

Intitulé «Au-delà des revenus, des moyennes et du temps présent :  les inégalités de développement humain au XXIe siècle", le rapport explique qu’au moment même où les écarts de niveau de vie de base se resserrent pour des millions de personnes, les besoins pour réaliser son potentiel évoluent. Il met en lumière les préjudices profonds causés aux sociétés par les inégalités systémiques.

Selon cette évaluation, bien que les progrès et les efforts aient eté faits au plan de la lutte contre la pauvreté, la faim et les maladies, la vague de manifestations qui déferle actuellement sur le monde est le reflet du dysfonctionnement continu d’un grand nombre de sociétés. Car, le dénominateur commun n’est autre que les inégalités constatées au niveau des communautés. Cela s’illustre aisément à travers le fait que les générations plus âgées continuent de lutter contre l'analphabétisme, tandis que les plus jeunes essaient de faire le saut du primaire au secondaire.  

« Différents détonateurs poussent les populations à descendre dans la rue : le coût d’un billet de train, le prix de l’essence, les revendications politiques d’indépendance. Ces manifestations sont une nouvelle expression des inégalités et, comme le fait ressortir le rapport sur le développement humain, les inégalités ne sont pas sans solutions », a déclaré l’administrateur du Pnud, Achim Steiner,  

Une nouvelle divergence constatée au niveau des générations        

Spécifiant les éléments qui font preuve de ces inégalités croissantes, le document de l’organisation onusienne souligne qu’une nouvelle génération d’inégalités voit le jour, notamment autour de l’éducation mais aussi de la transformation technologique et des changements climatiques. Ces deux grands bouleversements qui, faute d’être maîtrisés, pourraient déclencher une nouvelle grande divergence dans la société. D’autant plus qu'au XXe siècle, les inégalités concernaient essentiellement les besoins fondamentaux, plus précisément les revenus, l'accès à l'éducation et à la santé. Mais, à l’heure actuelle, il est constaté une nouvelle génération d’inégalités. Elles sont liées à deux bouleversement sismiques, à savoir l’avènement des nouvelles technologies, la quatrième révolution industrielle, l’économie numérique et le changement climatique. Dans les pays à développement humain très élevé, par exemple, les abonnements à l'internet haut débit fixe progressent quinze fois plus vite que dans les pays à développement humain faible. Et la proportion d’adultes ayant fait des études supérieures augmente plus de six fois plus vite.

« Les études universitaires ou le haut débit, autrefois considérés comme un luxe, sont de plus en plus importantes pour réussir. Ceux qui n’ont qu’un niveau de vie de base voient disparaître les barreaux de l’échelle qui mène à leur avenir », déplore le rapport, en ajoutant que l’enquête de l'agence onusienne analyse les inégalités en trois temps : au-delà des revenus, au-delà des moyennes et au-delà du temps présent. Par ailleurs, le texte soutient que le problème des inégalités n’est pas sans solutions et propose des mesures pour s’y attaquer.

Penser à la bonne répartition des revenus

S’appuyant sur la problématique de répartition de revenus au niveau des pays, le Pnud précise dans son rapport que l’indice de développement humain 2019 et l’indice de développement humain ajusté aux inégalités 2019 exposent que les inégalités dans la répartition de l’éducation, de la santé et des niveaux de vie empêchent les pays à progresser.  Ainsi, selon ces indicateurs, les inégalités expliquent une perte de progression du développement humain de 20 % en 2018.  Pour ce faire, il est recommandé la mise sur pied des politiques qui s’intéressent aux revenus telles  l'investissement dans la petite enfance et tout au long de la vie ; l’amélioration de la productivité en rééquilibrant les rapports de force entre les employeurs et les travailleurs ; l’intégration des dépenses publiques en santé, en éducation et en alternative au carbone dans la fiscalité.

 « Les moyennes masquent souvent la réalité des sociétés. Les tendances actuelles laissent entendre qu’il faudra deux cent deux ans pour combler l’écart économique entre les hommes et les femmes.  Car, environ 50 % des habitants de soixante et dix-sept pays jugent que les hommes font de meilleurs dirigeants politiques que les femmes et plus de 40 % sont d’avis que les hommes font de meilleurs cadres », ajoute encore le rapport, avant d’indiquer que le Pnud encourage les politiques qui œuvrent pour équilibrer la répartition des revenus et des soins, en particulier des enfants. Parce qu’une grande partie de la différence de revenus du travail entre les hommes et les femmes tout au long de leur vie intervient avant l’âge de 40 ans.  «Reconnaître le vrai visage des inégalités est un premier pas. La suite est un choix qu’il appartient à chaque dirigeant de faire », conclut le document.  

Rock Ngassakys

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