Lutte contre le VIH/sida: l'accès aux soins n'augmente pas assez vite pour atteindre les objectifs

Samedi 30 Novembre 2019 - 11:46

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L'élargissement de la médication antirétrovirale a progressé de manière significative au cours de la dernière décennie, mais les lacunes en matière de dépistage et de traitement empêchent toujours de traiter trente millions de personnes d'ici à 2020, selon les  nouvelles conclusions  de l'Onusida.

24,5 millions des 37,9 millions de personnes vivant avec la maladie accédaient au remède à la mi-2019, plus du double du nombre des séropositifs sur le traitement en 2010, selon le rapport de l'institutuion "Le pouvoir au peuple".

Depuis 2010, le nombre de nouvelles infections à VIH n'a que légèrement diminué et certaines régions ont connu une augmentation du nombre de nouveaux cas. "Les injustices sociales, les inégalités, le déni des droits à la citoyenneté, la stigmatisation et la discrimination freinent les progrès contre le VIH et les objectifs de développement durable (...). L’épidémie continue de gagner, mais ces gains diminuent d’année en année", a déclaré Ninan Varughese, directeur du bureau de l’Onusida à New York.

Les progrès récents dans la réduction des nouvelles infections à VIH sont les plus prononcés en Afrique orientale et australe, les régions les plus touchées par cette maladie. Le nombre de nouveaux cas a baissé de 28% entre 2010 et 2018 et le taux d'incidence chez les adolescentes et jeunes femmes a diminué de 42%, au cours de la même période.

En dehors de ces deux régions, le nombre de nouvelles infections n'a diminué que de 4% depuis 2010. Et tandis que le nombre de personnes séropositives sous traitement antirétroviral continue d'augmenter, près de la moitié des personnes vivant avec le VIH en 2018 avait une charge virale non maîtrisée. Ce qui signifie qu'elles courent un risque accru de transmission du virus, selon les conclusions de l'Onusida.

"Dans de nombreuses régions du monde, des progrès significatifs ont été accomplis dans la réduction des nouvelles infections à VIH, des décès liés au sida et de la lutte contre la discrimination, en particulier en Afrique orientale et australe, mais l'inégalité des sexes et le déni des droits humains laissent beaucoup de personnes", à déclaré Winnie Byanyima, directrice exécutive de cette institution onusienne.

L'Onusida estime que 26,2 milliards de dollars sont nécessaires pour la riposte au sida en 2020. Environ dix-neuf milliards de dollars étaient disponibles  pour la prévention et le traitement du VIH et du sida en 2018, ce qui représente une baisse d'un milliard de dollars par rapport au financement disponible en 2017.

Les objectifs de l'Onusida en 2020  sont notamment de faire en sorte que 90% des personnes sous traitement antirétroviral soient supprimées du virus et que 90% de toutes les personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut. Jusqu'à présent, le Botswana, le Cambodge, le Rwanda, l'Espagne, la Thaïlande, le Kenya, le Népal et l'Italie font partie des dix-neuf pays en voie d'atteindre l' objectif  de l'élimination du sida en 2030, en tant que menace pour la santé publique.

Selon Ninan Varughese, il est également nécessaire de mettre l’accent sur la prévention et le traitement des membres des "populations clés" les plus susceptibles de contracter le VIH. Il faut également réduire le temps qui s'écoule entre le moment où une personne découvre qu'elle est séropositive et l'accès au traitement. "Cela peut prendre quatre ans avant le début du traitement. Cela met vraiment la pression sur le nombre de nouvelles infections", a indiqué Ninan Varughese.

Ce rapport souligne la nécessité pour les personnes vivant avec le VIH de participer à la prise de décisions et la prestation de services. Une meilleure implication est liée à la diminution des nouvelles infections et à l’élargissement de l’accès aux traitements, note le rapport.

Noël Ndong

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