Lutte contre les violences faites aux femmes : l'association Avenir Nepad plaide pour une proposition de loi en la matière

Lundi 25 Novembre 2019 - 17:45

Abonnez-vous

  • Augmenter
  • Normal

Current Size: 100%

Version imprimableEnvoyer par courriel

Au cours d’une conférence de presse qu’elle a animée le 25 novembre à Brazzaville, à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, le mouvement a recommandé au gouvernement de prendre toutes les mesures visant à protéger ces dernières contre toutes les formes de violences dont elles sont victimes.

L'Avenir Nepad veut que soit accéléré le processus de révision des instruments juridiques nationaux (code pénal, code de la famille, etc.) en les harmonisant avec les engagements internationaux et régionaux en matière des droits des femmes auxquels le Congo a souscrits. L'association a invité la société civile à tout mettre en œuvre pour promouvoir et défendre les droits des femmes, et  les partenaires internationaux d’accompagner le pays dans la voie de la promotion, la protection et la défense de ces droits.

En effet, la violence à l’égard des femmes et des filles est un problème d’envergure mondiale, a rappelé le coordonnateur de l’Avenir Nepad, Stanislas Ngodi. Selon lui, le viol est une forme très spécifique de violence perpétrée contre les femmes et les filles. Enraciné dans un ensemble complexe de pouvoir, de contrôle et de croyances patriarcales, il continue de créer un environnement social propice aux actes de violence dont l’omniprésence est normalisée. Cette « culture » se perpétue à travers l’utilisation d’un langage misogyne, la réduction de la femme à l’état d’objet et la glorification de la violence, a-t-il signifié.

Les comportements couramment associés au viol, a-t-il poursuivi, comprennent la tendance à blâmer la victime, l’objectification sexuelle, la banalisation du viol et son déni généralisé ou le refus de reconnaître le préjudice que constitue le harcèlement ou l’agression sexuelle.

Sur le plan national, a-t-il déploré, la législation relative aux violences fondées sur le genre semble n’avoir pas beaucoup évolué. Malgré la volonté manifeste des autorités de réduire considérablement les violences dont sont victimes les femmes et filles, les résultats ne sont guère satisfaisants, à l'en croire. Les groupes vulnérables continuent d'être marginalisés et ont du mal à revendiquer leurs droits et à se faire entendre, a souligné Stanislas Ngodi.

Les études menées montrent, en effet, la persistance des actes de violences. Les femmes dans le foyer, dans le monde professionnel, à l’école, lors des rites de veuvage, dans la politique, etc., continuent de subir et leurs droits ne cessent d’être bafoués. Sur le terrain, le constat est que l’application de la loi n’est toujours pas effective. C’est ce qui ressort de la politique nationale genre 2017-2021 élaborée par le ministère de la Promotion de la femme et de l’intégration de la femme au développement. Un certain nombre des conventions et instruments juridiques régionaux et internationaux sur les questions de genre ont été ratifiés par la République du Congo.Toutefois, en dépit de cet effort d’ordre juridique appréciable, il sied d’indiquer que sur le plan pratique, le pays n’a pas encore suffisamment fait pour l’égalité des sexes et la promotion des femmes comme principes fondamentaux et conditions du développement humain et durable.

Guillaume Ondzé

Légendes et crédits photo : 

photo de famille

Notification: 

Non