Mission du FMI : le communiqué final met fin aux zones d’ombre

Mercredi 26 Février 2020 - 18:51

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Les pourparlers entre les experts de l’institution financière internationale et les autorités RD-congolaises ont abouti à un certain nombre de constats. Il s’agit principalement de l’atteinte de tous les objectifs quantitatifs et repères structurels à fin décembre, des inquiétudes liées aux pressions sur les dépenses et à la faiblesse des recettes, et enfin de la mise en œuvre effective des mesures de contrôle des dépenses.

Après la note de satisfaction de la Primature reprise d’ailleurs dans notre dernière livraison, le service de presse du Fonds monétaire international (FMI) a publié le communiqué final qui vient conclure définitivement la mission des experts de cette institution de Bretton Woods à Kinshasa du 19 au 25 février 2020. D’emblée, le document confirme les grandes lignes de la réaction de la Primature sur l’issue heureuse de la dernière séance de travail. Pour autant, en termes de nouvelle échéance, il y aura la combinaison de deux revues (première et deuxième) du programme de référence au mois de mai prochain. Pour le reste, la mission a discuté des conclusions de l’évaluation des sauvegardes de la Banque centrale du Congo avec les autorités RD-congolaises : «Nous les avons exhortés à tenir compte des recommandations de cette évaluation avec l’assistance technique des partenaires de la RDC.»

Par rapport aux observations du FMI sur les paramètres du cadre macro-économique, il faut retenir que « l’évaluation sommaire suggère que tous les objectifs quantitatifs et repère structurel du programme de référence à fin décembre ont été atteints ». Quelques chiffres de 2019 le démontrent d’ailleurs : inflation contenue à 4,6% et taux de change relativement stable malgré le ralentissement de la croissance a 4,4 % (5,8 % en 2018). La raison du ralentissement économiquement est bien entendu la baisse de la production minière. Quant à l’exécution du budget jusqu’à mi-février 2020, la mission des experts s’est dit plutôt inquiet : « Des pressions sur les dépenses et la faible performance des recettes ont entraîné des avances de la Banque centrale du Congo au gouvernement et une érosion des réserves internationales de la BCC ». Pour stopper cette « érosion », les experts ont souligné « la nécessité de mettre immédiatement un terme aux avances de la Banque centrale du Congo et de rembourser celles accordées ».

Pour la bonne note aux efforts RD-congolais, elle concerne les mesures prises des autorités pour contenir les dépenses à l’avenir. La mission a exhorté le gouvernement de la République à « intensifier la mobilisation des recettes ». L’épineuse question du plan de trésorerie tant controversé du ministère des Finances n’a pas été éludée. En effet, la mission du FMI n’a pas adopté la langue de bois : « Les autorités ont publié sur le site Web du ministère des Finances un plan de trésorerie conforme à des prévisions de recettes réalistes ». L’autre avancée saluée est le plan d’engagement du ministère du Budget pour instituer des plafonds de dépenses pour tous les ministères et institutions. Par ailleurs, au sujet des mesures envisagées dans le cadre du programme de référence, la mission a insisté sur l’urgence de les mettre en œuvre, notamment celle liée à la TVA qui nécessite une attention particulière. Enfin, il y a eu les questions relatives à la lutte contre la fraude et la contrebande pour réduire les pertes de recettes aux frontières, ainsi qu’aux sanctions pour mettre fin aux problèmes de gouvernance au sein des régies de perception des recettes. Nous y reviendrons.    

Laurent Essolomwa

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