Patrimoine culturel : le musée Mâ-Loango sollicite le regard des autorités congolaises

Mardi 3 Juillet 2018 - 20:13

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Situé à Diosso, au royaume Mâ-Loango, dans le département du Kouilou, l'espace culturel, lieu d’incarnation de l’histoire et de la culture du Congo se sent abandonné. Son conservateur en chef, Joseph Kimfoko, a lancé un cri d’alarme au cours d’un entretien avec Les Dépêches de Brazzaville.

Joseph Kimfoko a attiré l’attention des autorités nationales pour secourir le patrimoine culturel dont les objets organiques se détériorent par manque de produits d’entretien. « Nous sollicitons le passage au musée des autorités de toute obédience pour prendre soin de notre culture », a-t-il lancé. « Les autorités qui passent au musée laissent leurs impressions dans le livre d’or. Mais tout ce qu’ils disent et proposent n’est jamais donné et le musée est comme dans l’abandon. On s’époumonne pour chercher le xylophène incolore pour traiter les objets qui sont attaqués par les termites, parce que tout ce qui est en bois et en vannerie fait partie des objets organiques qui brillent et disparaissent », a-t-il poursuivi.

Le conservateur a, d’ailleurs, souligné que même si la connaissance du génie créateur de notre pays est très pauvre sur la création, l’on se contente de ce qui est là, puisqu’il représente l’histoire du Congo à travers les objets créés.  « Vous y trouvez  les outils de travail pour la culture de la vie, les habits et vêtements, les ustensiles de cuisine, la culture traditionnelle, les armes traditionnelles, les moyens de transport et de communication du Congo de l’époque », a souligné Joseph Kimfoko.

Selon lui, dans le domaine de transport, les Congolais de l’époque se limitaient du "tipoye"  (fauteuil suspendu pour transporter les chefs traditionnels) pour le transport terrestre et  la pirogue pour le transport naval jusqu’à ce que les Européens aient apporté la civilisation moderne. « Ils nous  ont construit le chemin de fer et les ports. Ce sont les mêmes qui ont créé des villes. En dehors de cette culture moderne, on continuait à vivre la culture traditionnelle. Et plus loin, ils ont apporté la monnaie traditionnelle pour les échanges et le commerce comme négoce », a rencheri Joseph Kimfoko.

L’orateur a également regretté le manque de manuels scolaires qui permettent de transmettre l'histoire et  la culture congolaises aux jeunes générations. « "L’horizon d’Afrique" devrait montrer à la nouvelle génération la tradition congolaise, les sagaies par exemple, une arme traditionnelle que nos grand parents fabriquaient pour chasser l’animal, la pirogue un moyen de transport naval, le tipoye, un moyen de transport terrestre », a-t-il conclu.

Charlem Léa Legnoki

Légendes et crédits photo : 

1-Joseph Kimfoko (Adiac) 2-Les visiteurs au musée Mâ-Loango (Adiac)

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