Patrimoine : le boulevard Alfred-Raoul a 50 ans

Samedi 11 Août 2018 - 12:24

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Dominée aujourd’hui par deux forêts artificielles, la grande artère de la capitale congolaise est l’œuvre de la section Génie civil de l’armée sous l’impulsion du commandant Alfred Raoul. Après sa construction lancée en 1968, c’est une année plus tard qu’elle reçoit sur son macadam les premières festivités de l’accession du Congo à la souveraineté internationale.

Place forte de Brazzaville, c’est au boulevard Alfred-Raoul que paradent les Congolais à travers le défilé civil et militaire. Ceci, chaque année et à la même date, mise à part la parenthèse des municipalisations. Un rendez-vous avec l’histoire que les Congolais respectent. Mais un rendez-vous doublé aussi de son caractère politique et culturel. En effet, ici ont lieu les rassemblements politiques et les concerts de musique. La population de tous les arrondissements de Brazzaville, sans distinction de sexe, d’âge et d’ethnie, se donne rendez-vous en ce lieu avec le président de la République qui, chaque 15 août, profite de cette célébration pour communier avec elle. Ce boulevard est aussi un lieu de rassemblement national.

Long d’environ un demi-kilomètre, ce boulevard, isolé jadis, s’est vu entourer d’imposants bâtiments qui symbolisent la République et l’État : la Cour constitutionnelle et le ministère des Affaires étrangères d’un côté, le Palais des congrès de l’autre. Devenue boulevard Alfred-Raoul en hommage à son initiateur décédé en juillet 1999, cette voie est la plus large de la capitale.

L’histoire de ce chef d’œuvre est indéniablement liée à celle de son constructeur, grand amateur des arts. Outre les instruments de musique (guitare, saxophone, piano…) qu’il jouait avec brio, Alfred Raoul passait ses heures perdues avec les grands musiciens du Congo (les Bantous de la capitale) à jouer à son domicile, juste pour le plaisir. « Alfred aimait la musique, il se réveillait et s’endormait avec. À chaque voyage, il rentrait toujours avec une pile de disques 33 tours », se souvient son épouse, Emilienne Raoul, au cours de l’émission "Grand Angle" du journaliste Patrice Bébéni de Télé Congo.

Ce qui nous rappelle les différents spectacles musicaux qui ont souvent lieu sur ce boulevard. C’est comme si l’âme de son initiateur y planait.

Homme de culture et intellectuel affirmé, Alfred Raoul ouvrait les portes de sa bibliothèque aux jeunes congolais pour leur partager sa passion de la lecture. « Notre maison était appelée la Maison des jeunes, parce que chaque jour Alfred les recevait pour s’entretenir avec eux. C’est ainsi qu’il a su les cadrer et les orienter dans leur carrière professionnelle », révélait  Emilienne Raoul au cours de la même émission. À quelques jours du 58e anniversaire de l’indépendance du Congo, le boulevard Alfred-Raoul s’est déjà revêtu de son plus beau costume pour recevoir ses hôtes, le 15 août, lors de cette célébration hautement historique.

Sage Bonazebi

Légendes et crédits photo : 

Boulevard Alfred-Raoul à Brazzaville

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