Restructuration de la dette du Congo envers la Chine : les députés disposent de deux semaines pour se prononcer

Mardi 14 Mai 2019 - 17:14

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La deuxième session extraordinaire de l’Assemblée nationale, ouverte le 14 mai au Palais de congrès de Brazzaville, est consacrée à l’adoption du projet de loi autorisant la ratification de l’accord complémentaire signé le 29 avril dernier entre les deux pays.

Les députés disposent de quinze jours pour approuver le texte tant attendu par tout un peuple. En effet, au terme de longues négociations avec la Chine, le gouvernement congolais vient d’obtenir le rééchelonnement de sa dette. Un acte qui ouvre de bonnes perspectives pour l’économie congolaise au moment où le pays est en pourparlers avec le Fonds monétaire international (FMI), en vue de la conclusion d’un appui budgétaire. « Nous sommes quasiment au bout du tunnel. La ratification de l’accord complémentaire sur la restructuration de la dette de notre pays devrait nous permettre de conclure, d’ici là, les discussions entamées avec le FMI, voici bientôt deux ans, afin d’obtenir une Facilité élargie de crédit (FEC). Mais, force est de reconnaître que ce programme avec le FMI n’est pas une fin en soi », a rappelé le président de l’Assemblée nationale, Isidore Mvouba, à l’ouverture de la session.

Selon lui, dans le cadre des négociations avec le FMI, le Congo est appelé à engager des réformes structurelles pour améliorer la gouvernance, assainir la gestion des finances publiques et rendre soutenable sa dette extérieure. C’est ainsi que depuis deux ans durant, le pays attelle à jeter les bases d’un cadre législatif, juridique et judiciaire favorable à la bonne gouvernance. Soucieuse de la situation économique morose du pays, la chambre basse du parlement a œuvré pour que le Plan national de développement (PND) 2018-2022 ait comme premier pilier la gouvernance, gage du succès de développement de tout pays.

« Le programme avec le FMI exige de l’institution que nous représentons plus d’ardeur à la tâche dans l’une de nos missions primordiales, à savoir  le contrôle de l’action gouvernementale. Il exige du gouvernement constance dans l’action, pertinence dans ses choix, efficacité et efficience à l’ouvrage. Certes, la FEC une fois obtenue, va constituer une véritable bouffée d’oxygène pour notre économie mise à mal depuis 2015 », a rappelé le président de l’Assemblée nationale, précisant que des efforts conséquents doivent être fournis pour espérer avoir un juste retour des choses.

Isidore Mvouba a, par ailleurs, rendu hommage au président de la République, Denis Sassou N’Guesso, pour  son implication personnelle  dans la signature de l’accord entre le Congo et la Chine et salué le savoir-faire du gouvernement. Il a aussi remercié le peuple congolais qui a fait, d’après lui, montre de patience, de maturité, de sagesse et de discernement tout au long de cette période faite de sacrifices. « Il est judicieux d’intérioriser que le processus de conclusion d’un accord avec le FMI constitue encore un challenge à gagner. Pour l’heure, il revient à la représentation nationale de s’attacher à l’adoption, que j’espère sans problèmes, de ce projet de loi. Il est heureux de constater que le Congo amorce ici, l’un des derniers virages de sa sortie de l’abime de la crise », s’est-il réjoui.

Pour lui, le Congo devra remettre l’ouvrage sur le métier pour réussir ce défi de longue date. « Entre-temps, nous devrions continuer à faire preuve de rigueur dans la gestion de la chose publique. Nous devons mener une lutte résolue contre la concussion, la corruption et les valeurs négatives », a conclu Isidore Mvouba.

Parfait Wilfried Douniama

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