Salon de Genève : table ronde sur la bande dessinée d’Afrique

Samedi 4 Mai 2019 - 14:30

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Retour sur le coup de projecteur mis à la Bande dessinée (BD) africaine par Didier Kassaï, Roger N’guessan Koffi et Alain Mata Manengi. Modérés par Koffivi Paulin Assem, les trois bédéistes, issus d’un univers différent, ont donné leurs points de vue respectifs sur l’actualité de la BD africaine.

Comprendre l’actualité de la BD d’Afrique, c’est tout d’abord retenir la notion selon laquelle seront qualifiées de "bande dessinée africaine" les BD produites en Afrique par des auteurs africains.

Cette définition ne correspond en rien à  Alain Mata Mamengi dit Al’Mata, qui réside en France. Ses inspirations lui proviennent de la République démocratique du Congo. En référence à l’album "Le retour au pays d'Alphonse Madiba dit Daudet" paru aux Editions L'Harmattan, co-écrit avec  Christophe Ngalle Edimo, Al’Mata est revenu sur ce qu’il met en avant sur ses planches. D’une façon pédagogique, il parle par l'image de l'émigration et du retour vers le pays, de l'échec, de la société, d'un pays imaginaire mais représentatif d'un vécu.

Lui-même résidant en France, il dessine le retour de l'enfant du pays, incapable d'avouer et d'assumer son échec personnel fort rempli de poncifs. Mieux encore, il interprète par ses dessins un personnage qui poursuit ses études sans cesse entamées et ratées, une intégration non réussie, une vie à renfort de magouilles et de faux-semblants.

Pour Didier Kassaï, auteur de "Tempête sur Bangui", l’actualité lui impose de dessiner pour une sensibilisation contre la guerre. Issu d’une famille où le dessin est permanent puisque sa maman est, elle-même, dessinatrice, il témoigne par ses planches de ce qu’est devenue la vie en Centrafrique et dans sa ville, la capitale Bangui.

Il montre l’horreur au quotidien au fil de ses pages et raconte les massacres perpétrés par les milices chrétiennes et musulmanes, l’exode des civils et la survie. Il dessine le martyre d’un pays et d’une population qui sort de deux années de guerre civile.

Venu droit de Côte d’Ivoire, le dessinateur et enseignant en arts plastiques ivoirien, Koffi Roger N’guessan, auteur de la BD "Chaka", inspirée du livre de Thomas Mofolo (1910), écrivain originaire du Lesotho, parue chez l’Harmattan, l’actualité, c’est de retracer l’histoire du personnage mythique Chaka, incarnation de la naissance de la nation zoulou, le peuple du ciel.

A mi-chemin entre récit historique et légende, il est revenu sur cette BD qui conte une épopée africaine légendaire, «une histoire pleine de magie, de folie et de sang». Révolutionnaire, guerrier anticolonialiste, chef charismatique, grand stratège, génie militaire mais aussi despote assoiffé de sang, tyran et martyr, Chaka est un personnage complexe, devenu aujourd’hui, malgré les controverses, un symbole de courage et de liberté pour de nombreux Africains.

A leur manière, ces trois bédéistes ont apporté leurs contributions au thème du salon : « Chercheurs d’Afriques ».

Marie Alfred Ngoma / Envoyé spécial à Genève

Légendes et crédits photo : 

Bédéistes africains à l'honneur au Salon africain 2019

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