Santé: le Congo connaît une insuffisance en médicament

Samedi 25 Avril 2015 - 15:00

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Le faible taux de médicaments au Congo en dessous de 50% dans le secteur public et privé a été révélé, le 23 avril, par le  Dr Ray Mankelé, lors de l’atelier de restitution de l’étude sur la disponibilité et les prix des médicaments.

L'étude a été menée en 2014 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avec l’approbation du ministère de la Santé et de la Population (MSP). L’objectif a été de générer des informations fiables sur le prix, la disponibilité, l’accessibilité financière des médicaments ainsi que sur les composantes des prix dans la chaîne d’approvisionnement.

La restitution s’est déroulée en présence de la représentante de l’OMS au Congo, le Dr Fatoumata Binta Diallo, le conseiller administratif et juridique au MSP, Benjamin Ossombo, et d’autres partenaires de santé. Le Dr Ray Mankelé a circonscrit son étude sur la disponibilité des médicaments, les prix des médicaments, l’accessibilité financière, la structure des prix des médicaments et une comparaison avec la situation dans d’autres pays, notamment la République démocratique du Congo, le Burkina-Faso et le Soudan.

L’orateur a souligné, pour la suite, le manque d’uniformité des médicaments dans le secteur public sur l’ensemble du territoire national congolais. Il a évoqué que les médicaments génériques sont plus utilisés à l’intérieur du pays qu’à Brazzaville et Pointe-Noire. «Cette disponibilité varie en fonction du niveau de la structure sanitaire.  Les hôpitaux de base ont la meilleure disponibilité avec 48,4% de médicaments génériques, suivis des centres de santé avec 45, 7% de médicaments génériques», a-t-il indiqué. À la question du prix d’achat du médicament, a-t-il poursuivi, le prix est très élevé à cause du manque d’appel d’offres de la Centrale d’achat de médicaments. Celle-ci a pour mission d’approvisionner les formations sanitaires publiques et privées à but non lucratif en médicaments essentiels génériques.

Dans le secteur privé, les prix de vente des grossistes privés aux officines sont très élevés par rapport aux prix de référence internationaux. Ces prix peuvent atteindre jusqu’à 13,67 fois le prix de référence international pour le médicament princeps (original)  et 5,51 fois pour le générique le moins cher.

En comparant la disponibilité du médicament au Congo avec les autres pays, Ray Mankelé a présenté qu’en 2012, le Soudan avait une disponibilité inférieure à celle observée au Congo en 2014. Dans le secteur privé, le Congo est le seul des quatre pays où les médicaments ne représentent que moins de 50% de disponibilité. Dans les trois pays, les génériques sont plus disponibles que les princeps avec un taux supérieur à 55 %.

 

Quelques recommandations

 L’étude sur la disponibilité et les prix des médicaments a permis de formuler quelques recommandations. Parmi celles-ci, l’on compte la mise en place d’une centrale d’achat devant organiser les acquisitions des médicaments selon le principe compétitif de l’appel d’offres, l’organisation de l’approvisionnement en médicaments des formations sanitaires sur la base des besoins nationaux en médicament ainsi que la revisitation  de la structure de prix dans le secteur public afin d’améliorer l’accessibilité aux médicaments génériques.

Après des échanges entre ces partenaires de santé, la représentante de l’OMS au Congo a émis le souhait de travailler avec d’autres ministères pour l’harmonisation des textes sur le médicament. «Une réflexion doit être menée sur la question de supervision, d’approvisionnement, de coût et d'accessibilité du médicament au Congo. Il est important que les résultats de cette étude sur la disponibilité et les prix de médicaments soient mis à la disposition du ministère de la Santé afin que ce dernier puisse partager avec les partenaires de la santé », a-t-elle conclu.

 Benjamin Ossombo a noté la non-prise en compte de la qualité du médicament dans cette étude présentée. À cet effet, il a demandé aux partenaires de santé d’interpeller l’État sur le volet d’inspection pour l’uniformité des prix du médicament, du circuit de distribution, de l’applicabilité de la loi ainsi que celui de la politique du médicament au niveau de la sous-région Cémac.

 

Lydie Gisèle Oko

Légendes et crédits photo : 

Le Dr Ray Mantelé présentant son étude (crédit Adiac)