Situation dans les prisons de la RDC : la FBCP interpelle la députée Christelle Vuanga

Lundi 13 Janvier 2020 - 16:20

Abonnez-vous

  • Augmenter
  • Normal

Current Size: 100%

Version imprimableEnvoyer par courriel

L’ONG attend de la présidente de la Commission des droits de l’homme de l'Assemblée nationale congolaise son intervention personnelle afin d’améliorer cette situation et mettre ainsi fin aux morts quotidiennes en continu enregistrées depuis un certain temps dans ces institutions carcérales.

Dans un message du 13 janvier, la Fondation Bill-Clinton pour la paix, par son président Emmanuel Adu Cole, a appelé la présidente de la Commission des droits de l’homme de l’Assemblée nationale congolaise, Christelle Vuanga,  à intervenir pour mettre fin à toutes les violations des droits de l’homme constatées à travers le pays. « Les morts à l’est du pays et les prisonniers qui sont en train de mourir sont tous des êtres humains », a rappelé Emmanuel Adu Cole, qui se demande si cette députée « n’est pas contaminée par un virus du pouvoir ».

Dans ce message, le président de la FBCP, qui se proclame élève de « l’université de feu Etienne Tshisekedi wa Mulumba », dit à la députée Christelle Vuanga que toute la nation congolaise et l’opinion internationale attend sa réaction, en tant que présidente de la Commission des droits de l’homme à la chambre basse du Parlement.

Des morts quotidiennes en continu

La FBCP continue à alerter l’opinion tant nationale qu’internationale sur des morts quotidiennes des prisonniers dans les institutions carcérales du pays à cause de la carence en nourriture et en médicaments, ajoutée à la promiscuité dans ces lieux de détention.

Pour cette ONG de défense des droits de l’homme, cette situation trouve sa base depuis le pouvoir passé et continue à être entretenue par l’inaction des autorités actuelles. « Le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) et le Front commun pour le Congo (FCC) ne peuvent se frotter les mains parce que ce sont eux qui sont à la base de toute cette situation », a fait constater cette association qui dit ne pas comprendre que les ministres de la Justice, des Droits humains, des Affaires humanitaires et des Finances, tous du PPRD et du FCC puissent rester silencieux devant ces prisonniers qui sont en train de mourir. Cela, a souligné la FBCP, est inacceptable pour les défenseurs des droits de l’homme. « S’il vous plait, si vous ne faites rien aujourd’hui peut-être lorsque la RDC deviendra un Etat de droit, ça sera votre tour », a-t-elle avisé, en notant qu’il est inconcevable que l’on prive la liberté à quelqu’un sans prise en charge.

La FBCP, qui rappelle les résolutions des états généraux de la magistrature de 2014, dit également aux magistrats qui « utilisent les prisons comme leurs dépôts » que tout tombe sur eux si rien ne marche dans la magistrature. Appelant enfin les politiciens à abandonner leurs jeux politiques qui n’avancent pas le pays, la FBCP leur demande aussi de prendre leurs responsabilités pour résoudre les problèmes des prisonniers avant qu’il ne soit trop tard.

Des actes contraires aux enseignements d’Etienne Tshisekedi

Face à la situation politique et des droits de l’homme actuelle, Emmanuel Adu Cole relève une adéquation avec les enseignements de feu Etienne Tshisekedi. «Aujourd’hui, je donne raison à notre professeur, le Dr Etienne Tshisekedi wa Mulumba, qui, de son vivant, disait que depuis l’indépendance en 1960, la RDC  n’a jamais été un Etat de droit », a souligné le président de la FBCP, qui regrette que le fils de son professeur ait des difficultés pour instaurer un Etat de droit en RDC.

Dans le cadre de ces enseignements reçus du leader maximo, Emmanuel Adu Cole exhorte le chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi, à mettre en pratique les différents slogans ou crédos qui ont jalonné la lutte menée par le sphinx de Limete et son parti politique pendant plus de trois décennies. Il s’agit, selon le président de la FBCP de « Tolérance zéro » et « Le peuple d’abord », qui vont s’ajouter à la réforme de la justice, de la police et de l’armée ainsi que de certaines institutions de la République dont l’administration publique, la Commission électorale nationale indépendante, la Commission nationale des droits de l’homme, le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication, etc. Cet activiste des droits de l’homme recommande également au président de la République d’envisager la dissolution de l’Assemblée nationale. «Sinon, il est en train d’exposer le peuple congolais à la mort et sans espoir d’avenir », a indiqué la FBCP.

Lucien Dianzenza

Légendes et crédits photo : 

Le président de la FBCP, Emmanuel Adu Cole/Adiac

Notification: 

Non