Choix du porte-parole de l’opposition : les leaders de Lamuka s’entredéchirent

Jeudi 17 Octobre 2019 - 15:45

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Au sein de l'opposition politique congolaise, l’atmosphère n’est plus aisée depuis qu’une frange des députés membres du MS-G7 avait pris la liberté d’écrire aux présidents des deux chambres législatives d’accélérer le processus de désignation de leur porte-voix. 

Les députés du groupe parlementaire Mouvement social-Groupe 7 (MS-G7), d’obédience "katumbiste", se sont mis en porte-à-faux avec les autres collègues de l’opposition qui ne partagent pas leur initiative. La plate-forme « Lamuka », à travers la Dynamique pour la vérité des urnes (DVU) que coordonne Martin Fayulu, est montée au créneau pour crier haut et fort sa désapprobation. Les députés de cette structure politique ne sont pas prêts à adhérer à l’initiative du MS-G7 qu’ils qualifient d’un « complot monté contre le peuple congolais pour enterrer définitivement sa volonté souveraine exprimée lors des élections du 30 décembre 2018 ».

Dans un communiqué rendu public le 16 octobre, cette coalition que dirige Martin Fayulu dénonce ce qu'elle considère comme une tricherie, dès lors qu’elle s’écarte des principes édictés lors de la réunion du présidium de Lamuka du 30 juillet dernier. Dans ce document, Lamuka avait réaffirmé sa victoire aux élections du 30 décembre 2018 et en tant que structure faisant partie de cette coalition, le groupe parlementaire MS-G7 ne pouvait que se conformer à la ligne tracée. Or, ce qui n’est pas le cas, regrettent Martin Fayulu et compagnie. Ces derniers voient dans le revirement des députés MS-G7 une tentative de légitimer les institutions en place tout en sachant qu’elles sont issues d’un putsch électoral. « La DVU s’interroge dès lors comment on peut à la fois réaffirmer la victoire aux élections du 30 décembre 2018 et en même temps se positionner dans l’opposition », peut-on lire dans le communiqué.

" Une machination ourdie contre le peuple congolais"

Tout en fustigeant cette « imposture » qui tend maladroitement à légitimer Félix Tshisekedi, la DVU estime qu’il n'est pas question de devenir opposant d'un pouvoir issu du putsch électoral. Cette plate-forme est rejointe dans sa prise de position par le député Lisanga Bonganga, un ancien ministre devenu opposant, qui stigmatise l’ambigüité de la démarche du MS-G7. D’un côté, ce groupe parlementaire réclame la victoire électorale de l’opposition lors des scrutions du 30 décembre 2018 et, de l’autre, ses députés s’efforcent d’intégrer les institutions dites illégitimes. « Il s'agit d'une machination ourdie contre notre peuple par ceux qui, en intelligence avec les fraudeurs des élections, ont décidé de passer par pertes et profits la volonté souveraine de notre peuple, exprimée le 30 décembre 2018 », a martelé Lisanga Bonganga lors de sa dernière sortie médiatique.

Qu’à cela ne tienne. L’on est donc en face de deux approches diamétralement opposées quant au règlement de la question de la désignation du porte-parole de l’opposition. Entre acceptation et rejet, il est clair que cette problématique divise aujourd’hui l’opposition parlementaire avec, à la clé, le retrait lent mais sûr du MS-G7, groupe fidèle au sénateur Pierre Lumbi Okongo. Le rapprochement de ce dernier avec le nouveau pouvoir l’a distancié de ses pairs de Lamuka qui n’arrêtent pas de tirer à boulets rouges sur sa personne. L’homme passe, aux yeux de Martin Fayulu et compagnie, comme « un inconstant qui vient d'abandonner le combat noble pour la vérité des urnes en vue de se positionner dans une opposition républicaine au pouvoir de Félix Tshisekedi ». Dossier à suivre.    

Alain Diasso

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