Message à la nation. Félix-Antoine Tshisekedi : « Nous sommes sur la bonne voie et nous restons déterminés »

Mardi 30 Juin 2020 - 14:17

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Par un hommage appuyé rendu aux pères de l’indépendance, le chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi, a introduit son discours en commémoration du soixantième anniversaire de l’indépendance de la RDC en saluant le combat mené par Patrice Emery Lumumba et Joseph Kasa-Vubu, deux illustres personnages qui sont parvenus à concrétiser la profonde aspiration du peuple congolais à l’émancipation.

Le discours du chef de l’Etat prononcé, le 29 juin, en marge du soixantième anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo (RDC) s’est révélé une belle opportunité pour recadrer certains dérapages constatés dans les rapports entre les deux partenaires de la coalition au pouvoir, en l’occurrence le Front commun pour le Congo (FCC) et Cap pour le changement (Cach). C’est dans un climat politique tendu sur fond de polémique générée par les récentes propositions de loi sur la réforme judiciaire que le président de la République s’est exprimé sans éluder cette actualité brûlante.

Félix Antoine Tshisekedi, qui a réaffirmé son engagement à œuvrer pour l’établissement d’un Etat de droit, a exhorté les politiciens congolais à se départir de toute velléité tendant à légiférer pour déposséder le Conseil supérieur de la magistrature du pouvoir judiciaire qu’il détient pourtant par la Constitution. Dans le même ordre d’idée, il s’est insurgé contre toute réforme susceptible de porter atteinte aux principes fondamentaux régissant la justice tels que prévus dans la Constitution. « La justice est pour un Etat de droit ce que le sang est pour le corps humain. Voilà pourquoi j’estime que les réformes dans ce secteur doivent être dictées, non pas par le souci de s’assurer une protection d’une personne ou d’un groupe de personnes, mais plutôt par le souci d’apporter plus d’efficacité et d’efficience au fonctionnement de la justice », a-t-il fait savoir.

Et  le président d’ajouter qu’il n’accepterait sous aucun prétexte « des réformes dans ce secteur qui, par leur nature et contenu, viendraient porter atteinte à des principes fondamentaux régissant la justice tels que prévus dans notre Constitution, notamment l’indépendance du pouvoir judiciaire, du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif, le pouvoir régalien de nomination des magistrats, la gestion du pouvoir judiciaire confiée au Conseil supérieur de la magistrature et bien d’autres ». Il a, dans le même ordre d'idées, réaffirmé son engagement à œuvrer pour la restauration de l’Etat de droit qui passe pour la première des priorités de son combat pour l’édification d’un nouveau Congo. Evoquant l’expérience douloureuse révélée au cours du procès en rapport avec le Programme des 100 jours, Félix Antoine Tshisekedi a indiqué que cela « devrait logiquement tourner la page de la longue série de projets et programmes qui, à travers l’histoire, ont donné lieu à d’importants coulages des ressources publiques en toute impunité ».  

Les raisons d’espérer

De la lutte contre l’impunité à la croisade enclenchée contre la corruption et les antivaleurs en passant par quelques grands projets agricoles visant le renforcement de l’autosuffisance alimentaire, il a salué les efforts entrepris dans différents secteurs visant à maintenir toujours allumée la flamme de l’espoir. « Qu’il s’agisse de la réforme en cours de la justice, que je compte poursuivre et approfondir, de l’indispensable rattrapage en matière d’infrastructures de base, de l’accès à la santé, de la pacification intégrale du pays ou de la préservation de l’environnement, le Congo a grandement besoin de ressources et de méthodes, pour poursuivre avec succès la mise en œuvre du programme pour lequel vous m’avez élu », a-t-il indiqué. Dans le domaine particulièrement de l’enseignement, il y a bien des raisons d’espérer vue la solidarité internationale qui se met en place pour la prise en charge de cette réforme dont le coût est supérieur à un milliard de dollars par an.

Enfin, dans le contexte de crise sanitaire imposé par la covid-19, le chef de l’Etat entend procéder en urgence à des économies partout où cela peut être réalisées en commençant par les institutions politiques afin « de dégager des marges de manœuvre budgétaires supplémentaires pour assurer les dépenses sociales en faveur des catégories les plus fragiles ». D’où l’instruction faite du gouvernement exhorté à « engager des réformes sur l’ensemble de la chaîne de dépense, afin que les ressources publiques soient désormais mieux préservées et mieux utilisées ». Sans ambages, Félix Antoine Tshisekedi a réitéré son engagement de « donner la chance à tous les Congolais, sans exclusive, d’envisager l’avenir en toute liberté et en toute quiétude, mais sur de nouvelles bases morales ».

 

        

 

Alain Diasso

Légendes et crédits photo : 

Le chef de l'Etat, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo

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