Soixante ans d’indépendance : le Miss-RDC appelle le chef de l’Etat à s’installer à Beni

Mardi 30 Juin 2020 - 15:27

Abonnez-vous

  • Augmenter
  • Normal

Current Size: 100%

Version imprimableEnvoyer par courriel

La demande de ce mouvement, qui se rappelle des promesses électorales faites par Félix Tshisekedi, viserait à éviter des contradictions sur les réalités sécuritaires de terrain.

Au moment où la République démocratique du Congo (RDC) célèbre le soixantième anniversaire de son indépendance, le Mouvement des indignés de la situation sécuritaire en RDC (Miss-RDC) se dit davantage indigné par le discours du chef de l’Etat de qui il attendait plus d’actions en vue de libérer le peuple congolais de ce qui est considéré comme une fatalité, l’insécurité et ses corolaires de problèmes. Le président de la République, indique le Miss, doit éviter de croire aux rapports truqués lui transmis qui sont souvent contradictoires avec la situation de terrain. «Les cent trente deux mouvements rebelles continuent à terroriser l’est de notre pays sans citer d’autres qui naissent. Plus grave encore, des défections de certains officiers des Forces armées de la RDC  sont observées pour rejoindre des groupes armés comme au Sud-Kivu où des affrontements autour des plateaux de Mwenga-Fizi-Minembwe continuent de causer des centaines de morts et des déplacés », a déploré ce mouvement.

Le Miss réagit ainsi aux affirmations du chef de l’Etat, qui a dit avoir noté que d’importants pas ont été franchis et qu’à l’est du pays, aux Nord et Sud-Kivu, les groupes armés locaux et étrangers auraient subi, ces derniers mois, une forte pression et enregistré de lourdes pertes et que plusieurs combattants issus de leurs rangs ont été soit capturés, démobilisés ou arrêtés, soit rapatriés dans leurs pays d’origine.

Sept cents civils massacrés et égorgés depuis janvier

Le Miss rappelle que, à Beni, le pays est à près de sept cents civils qui sont massacrés et égorgés depuis janvier 2020 jusqu’hier (29 juin :Ndlr) où un civil a été tué à Oicha. Même un casque bleu, a fait constater ce mouvement, a péri il n’y a pas une semaine dans les attaques de ces rebelles. « Si c’est cela, le résultat de destruction de tous les bastions des soit disant ADF, ou leur affaiblissement, en tout cas le mouvement des indignés trouvent que le président doit matérialiser sa promesse de s’installer à Beni pour palper les réalités de terrain qui sont contraires », a indiqué l'association. Cette réaction du mouvement des indignés vise les affirmations de Félix Tshisekedi, qui notent que « les ADF sont, à ce jour, nettement affaiblies et délogées de tous leurs sanctuaires dans le territoire de Beni » et qui indiquent que « l’armée réussit à déjouer plusieurs attaques terroristes de cette force du mal qui, de manière très isolée, mènent des attaques ciblées contre la population civile ».

Réagissant aux déclarations du président de la République, qui note que dans l’ensemble, des mesures non militaires sont davantage requises pour une meilleure mobilisation des communautés locales dans la lutte contre les forces négatives, le Miss souligne que c’est justement après ces fameux accords avec la milice FPRI que l’Ituri brûle. « Aujourd’hui, plus de deux mille morts comptabilisés par la société civile, des populations civiles sont massacrées à longueur des journées par la milice Codeco, qui n’est que le prolongement des ADF. Toutes ces guerres sont entretenues. Tant que le chef de l’Etat n’écoutera pas la voix des indignés qui lui demandent de stopper ces processus bidons de mixage et brassage pour commencer la purge au sein de l’armée, poursuivre les officiers affairistes et sous sanctions internationales, radier les infiltrés rwando-ougando-burundaises, on continuera à lui transmettre des rapports contraires à la réalité et les offensives seront un éternel recommencement », ont fait constaté les indignés. Pour ce mouvement, par ailleurs, le chef de l’Etat ne doit pas se limiter à condamner alors que son pays est occupé par six pays voisins qui multiplient des incursions sur son territoire. « Il doit agir fermement mais surtout écouter son peuple pour mieux comprendre la situation qui prévaut. Pour les indignés, les Congolais vivent soixante ans d’indignations dans leur propre pays », a insisté le Miss.

Lucien Dianzenza

Légendes et crédits photo : 

Le directoire du Miss-RDC

Notification: 

Non