Classement de Shanghai 2025 : l’Afrique recule dans le Top 1000 mondialMercredi 27 Août 2025 - 15:58 Seulement 17 universités africaines figurent dans le classement mondial 2025 du Shanghai Ranking, contre 20 l’an dernier. Un recul symptomatique des faiblesses structurelles du continent en matière de recherche et d’enseignement supérieur. Le classement 2025 de Shanghai Ranking, l’un des plus influents au monde dans le domaine universitaire, confirme une tendance inquiétante : l’Afrique peine à s’imposer dans l’élite académique mondiale. Cette année, seulement 17 universités africaines apparaissent dans le Top 1000, contre 20 en 2024. Une contre-performance significative, dans un contexte mondial où la compétition pour l’excellence académique s’intensifie. Un classement dominé par l’Occident Comme chaque année, les premières places sont largement trustées par les universités anglo-saxonnes : Harvard, Stanford, MIT, Cambridge ou encore Berkeley dominent le haut du tableau. Sur les 20 premières institutions mondiales, 16 sont américaines, 2 britanniques, 1 française (Paris-Saclay) et 1 chinoise (Tsinghua). Le Shanghai Ranking repose sur des critères strictement axés sur la performance scientifique et académique : nombre de Prix Nobel, médailles Fields, chercheurs les plus cités, publications dans Nature et Science, ou encore impact des publications indexées. Ces indicateurs favorisent les établissements disposant d’un écosystème de recherche robuste et financé, ce qui creuse l’écart entre les grandes puissances universitaires et les pays en développement. Afrique : une performance concentrée et inégale Sur les 17 universités africaines présentes dans le classement : 8 sont sud-africaines; 6 sont égyptiennes; 1 est éthiopienne; 1 est marocaine; 1 est ghanéenne. Deux pays concentrent donc plus de 80 % des universités africaines classées. Le reste du continent, y compris des poids lourds démographiques comme le Nigeria, le Kenya ou la RDC, est absent du classement, révélant une fracture dans l’investissement et les politiques de l’enseignement supérieur. Les mieux classées sont sud-africaines: University of Cape Town et University of the Witwatersrand figurent dans le Top 300 mondial. D’autres, comme Stellenbosch University ou University of Johannesburg, se situent entre les 400e et 600e places. Côté égyptien, Cairo University arrive en tête, dans la tranche 401-500, suivie d’Alexandria University et Ain Shams University. Les autres institutions africaines présentes : Addis Ababa University (Éthiopie). Université Hassan II de Casablanca (Maroc). University of Ghana (Ghana); Un recul inquiétant Trois universités africaines sortent du classement cette année : Suez Canal University (Égypte). Université de Tanta (Égypte). Université de Tunis El Manar (Tunisie). Ce retrait souligne le manque de continuité et la fragilité des politiques de recherche sur le continent. Une dynamique à reconstruire Le recul africain s’explique par plusieurs facteurs structurels : Faibles investissements publics dans la recherche scientifique; Manque de financement durable pour les universités; Fuite des cerveaux et faible attractivité des carrières académiques; Absence de partenariats structurants avec les universités les mieux classées; Environnement politique ou réglementaire instable dans certains pays. À titre de comparaison, des pays comme la Chine, l’Inde ou la Corée du Sud, grâce à une stratégie nationale d’excellence académique, voient leur nombre d’universités classées progresser chaque année. Recommandations pour un sursaut africain Pour espérer remonter dans les classements mondiaux, les pays africains doivent : Refonder les politiques de recherche sur des bases solides et pérennes; Renforcer les financements publics et privés des universités; Développer les publications scientifiques de haut niveau; Favoriser les échanges internationaux et l’accueil de chercheurs étrangers; Créer des écosystèmes de recherche compétitifs, notamment dans les STEM (science, technologie, ingénierie, mathématiques). Le Shanghai Ranking 2025 agit ici comme un miroir sévère, révélant à la fois les retards du continent et le potentiel encore inexploité de son capital humain. Pour transformer la formation supérieure en levier de développement, l’Afrique devra investir massivement dans l’excellence scientifique - et rompre avec le cycle de sous-performance. Noël Ndong Notification:Non |