Distinction : Mariusca, la voix du slam élevée dans l'ordre du mérite congolais

Mercredi 27 Août 2025 - 15:45

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Couronnée du titre de chevalière dans l’ordre national du mérite par le président de la République, Denis Sassou N’Guesso, le 15 août, lors des festivités du 65e anniversaire de l’indépendance du Congo, la slameuse Mariusca Moukengue inscrit un nouveau chapitre dans son parcours déjà marqué par la force des mots et l’engagement. Entre poésie et militance, sa voix résonne comme un écho des rêves, des douleurs et des espoirs d’une génération. Rencontre en cinq questions avec une artiste qui transforme le verbe en étendard.

Les Dépêches de Brazzaville (L.D.B.) : Que représente pour vous cette distinction de chevalière dans l’ordre national du mérite et quel impact espérez-vous qu’elle ait sur votre parcours artistique ?                                                                                         

Mariusca Moukengue (M.M.) : Cette décoration est une reconnaissance de la nation face à notre travail pour le rayonnement de la culture congolaise à travers le slam. Elle est une fierté et une source de motivation à travailler encore plus dur pour la nation. Je souhaite que cette précieuse distinction permette de mettre encore en avant notre art, le slam, mais aussi le dur labeur de tous ces jeunes comme moi qui travaillent d’arrache-pied pour faire honneur au pays.

L.D.B. : Votre art du slam est souvent engagé et porteur de messages sociaux. Comment cette reconnaissance nationale vient-elle renforcer votre mission auprès de la jeunesse et de la société congolaise ?                   

M.M. : Cette reconnaissance vient d’une manière ou d'une autre légitimer notre combat pour une jeunesse travailleuse et déterminée. C'est une validation de nos messages de paix, de solidarité, d’humanité, d’espoir, de courage, etc. Cette reconnaissance renforce notre mission en ce qu'elle nous permet de faire encore entendre plus la voix de la jeunesse, les besoins de la société et même les espoirs de notre public.

L.D.B. : En regardant en arrière, quels ont été les plus grands défis et les plus belles victoires de votre parcours jusqu’à cette consécration ?      

M.M. : Chacun de mes doutes, chacun de mes manques a forgé mes espoirs et ma détermination à persévérer. Les plus grands défis sont le plus souvent liés au financement de nos projets. Jusqu’aujourd'hui, je suis une artiste en autoproduction, mais qui ne se prive pas de rêver grand pour le slam. Mes plus belles victoires sont chaque fois que j'ai réussi à faire aimer le Congo à quelqu'un à travers mes textes. Chaque fois que j'ai réussi à faire voir le meilleur de mon pays à travers un slam a été une victoire pour moi, que ce soit sur une scène locale, internationale ou pendant une interview. Vanter la richesse culturelle de mon pays à travers mes slams est ce qui me fait vibrer chaque fois que je suis face aux projecteurs !

L.D.B. : Quelle place le slam occupe-t-il aujourd’hui dans la culture congolaise et comment envisagez-vous de contribuer à son rayonnement au-delà des frontières ?                                                         

M.M. : Le slam occupe au fur et à mesure aujourd'hui une place de choix dans la culture congolaise. Nous avons un public qui répond présent et les artistes ne passent plus incognito. Pour faire rayonner cet art au-delà des frontières, je pense que nous le faisons déjà et nous y travaillons encore à travers l'organisation du Festival international Slamouv, qui sera d'ailleurs à sa 5e édition l'année prochaine, et l'organisation des concerts à l'international. A cela, il faille ajouter la création d'un réseau fort qui permettra la diffusion des œuvres et la connexion des acteurs de ce secteur.

L.D.B. : Quels sont vos projets ou rêves à venir sur le plan artistique, après avoir reçu cette distinction honorifique ?      

M.M. : Le premier projet est celui de l'organisation de mon concert sur la scène parisienne le 29 novembre et l'organisation de la 5e édition du Festival international Slamouv. D'autres projets aussi vibrants les uns que les autres sont en cours de gestation, surprise !

Propos recueillis par Merveille Jessica Atipo

Légendes et crédits photo : 

La slameuse congolaise Mariusca Moukengue décorée au titre de chevalière dans l’ordre national du mérite par le président de la République, Denis Sassou N’Guesso/DR

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