Unesco : duel stratégique entre Égypte et la République du Congo

Jeudi 28 Août 2025 - 13:57

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La course à la direction générale de l’Unesco connaît désormais un tournant majeur du fait du retrait de la candidate mexicaine, Gabriela Ilian Ramos Patino. Les 58 États membres du Conseil exécutif voteront début octobre pour désigner entre l’Égyptien Khaled Ahmed El-Enany Ali Ezz et le Congolais Firmin Édouard Matoko lequel d’entre eux sera soumis le mois suivant à la Conférence générale (194 pays).

 

Firmin Edouard Matoko en campagne au poste de Directeur général de l'UnescoLongtemps considéré comme favori, le candidat égyptien voit son avance s’effriter. Sa campagne, entamée il y a trois ans, avait débuté alors même que le Conseil exécutif n’avait pas encore statué sur les modalités de l’élection. Ce lancement anticipé, bien que calculé, semble aujourd’hui perdre de sa force face à la montée en puissance du candidat congolais.

Depuis deux mois, dans le respect statutaire de l’Unesco, Firmin Édouard Matoko mène une campagne active et ciblée en Afrique, en Asie, en Europe, en Amérique latine et dans les Caraïbes. Cette mobilisation internationale suscite un regain d’intérêt pour sa candidature, laquelle gagne en visibilité et en crédibilité auprès des électeurs.

Cette élection répond tout d’abord à des dynamiques électorales complexes. Par exemple, celle du découpage des 58 pays électeurs. Leur répartition est faite en groupes électoraux qui jouent un rôle déterminant. L’Égypte appartient au groupe arabe, incluant les pays du Golfe, tandis que la République du Congo bénéficie du soutien du groupe africain, souvent décisif dans les scrutins multilatéraux. L’Union africaine a d’ailleurs reconnu la souveraineté de la candidature présentée par la République du Congo, renforçant ainsi la légitimité régionale de Firmin Édouard Matoko.

Ce qui, à la demande du président de la République Denis Sassou N’Guesso, a permis à la diplomatie congolaise de présenter son candidat détenant un profil solide et ayant une vision claire de la future Unesco.

Firmin Édouard Matoko, cadre expérimenté de l’Unesco, incarne une candidature de l’intérieur. Il a occupé de nombreuses fonctions au siège et sur le terrain, en Afrique, en Amérique latine, en Europe et en Asie. Sa notoriété auprès des cercles académiques et de la société civile, partenaires historiques de l’organisation, lui confère une crédibilité rare.

Homme d’ouverture, fin connaisseur de la diplomatie onusienne, il séduit par sa vision inclusive et sa capacité à incarner une Unesco tournée vers l’avenir. Sa campagne met l’accent sur le dialogue, la paix, la tolérance et une gouvernance plus transparente et équitable.

À l’approche de la 44e Conférence générale prévue à Samarcande, l’issue du scrutin reste incertaine. Le retrait mexicain a redistribué les équilibres, et la montée du candidat congolais pourrait bien créer la surprise. Une chose est sûre : la bataille pour la direction de l’Unesco est entrée dans une nouvelle phase, plus ouverte, plus stratégique, et plus symbolique que jamais.

 

 

 

 

Marie Alfred Ngoma

Légendes et crédits photo : 

Firmin Edouard Matoko en campagne au poste de directeur général de l'Unesco

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