Eau et électricité : le bilan des cinq dernières années jugé satisfaisant

Jeudi 15 Janvier 2026 - 15:47

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Le ministre de l’Energie et de l’Hydraulique, Emile Ouosso, lors de son passage à l’émission « 30 jours pour convaincre en toute transparence », a jugé satisfaisant le bilan en fourniture d’eau potable et d’électricité, tout déplorant le fait que les sociétés E²C et LCDE vendent ces produits sans verser de l’argent à l’Etat. 

Le ministre a rappelé que la situation de l’électricité s’améliore de plus en plus avec l'arrivée à Brazzaville du courant produit à Pointe-Noire par la Centrale électrique du Congo. « Pour notre consommation de tous les jours, le courant produit au Congo est suffisant pour nous alimenter, il faut régler seulement le problème de transport et de distribution. Pour les industries minières et autres, il faut encore construire des ouvrages », a déclaré Ouosso, précisant que le gouvernement s’attèle actuellement à remédier au problème du transport et de distribution de l’électricité.  

En effet, l’amélioration de la qualité de l’électricité est due à la réhabilitation en cours de la ligne Pointe-Noire-Brazzaville par la société italienne Eni Congo. Le courant produit n’arrivait pas à Brazzaville du fait de la vétusté des installations, surtout au niveau des postes de Mindouli dans le Pool et de Loudima dans la Bouenza. « Ces dernières années nous avons pu fournir des efforts. Concernant l'électricité, la production actuelle est de 770 mégawatts pour des besoins autour de 600 mégawatts. Nous sommes passés l'année dernière à aujourd'hui, d’un taux d'accès de la population à l'électricité de 49 % à 59 %.  N'oublions pas que près de 80 % de la population du Congo vit à Brazzaville et à Pointe-Noire », a détaillé le ministre.  

C’est ainsi qu’il a salué les performances de la Centrale à gaz de Côte Matève qui produit 484 mégawatts. Sur les trois turbines existantes, deux sont destinées à Brazzaville pour environ 300 mégawatts, et une turbine pour Pointe-Noire, soit environ 170 mégawatts. Mais sur les 300 mégawatts de Brazzaville, moins de 100 mégawatts arrivent à destination. Le reste étant perdu à cause de la vétusté du segment de transport construit en 1982. « Nous avons eu un financement de la Banque mondiale de 62 milliards FCFA et un financement de ENI presque du même montant. Au plan local, nous avons levé à peu près autant pour réparer le problème de la ligne électrique depuis Pointe-Noire jusqu'à Makoua », a expliqué Emile Ouosso, annonçant la réception des condensateurs de Mindouli et de Loudima, celui de Mbouono à Brazzaville, étant déjà installé.

Remporter la bataille de l’électricité

Interrogé sur la situation actuelle du barrage hydroélectrique d’Imboulou qui a coûté à l’Etat 170 milliards FCFA pour 120 mégawatts, il a rappelé que cette infrastructure concédée aux Suisses à travers un processus transparent est aujourd'hui dans un état de délabrement avancé. Le pays court le risque d’être poursuivi au niveau international. L’une des turbines est aux arrêts depuis 2018 et la dalle menace de s'effondrer. La société E²C tente de limiter les dégâts avec ses techniciens et l’apport du Bureau de contrôle du bâtiment et des travaux publics. La situation de la centrale hydroélectrique d’Imboulou est due à un manque de maintenance.

Abordant le secteur de l’eau potable, il a rappelé que certaines installations de Brazzaville, notamment du centre-ville datent de 1951. Seuls les nouveaux quartiers ont bénéficié ces dernières années d'infrastructures modernes. Pour doter certains quartiers de la capitale en eau potable, le gouvernement a construit, a-t-il expliqué, cinq forages dont deux ont été inaugurés à la Patte d’oie et à Nkombo. Ceux de Mfilou, Mpissa et Talangaï seront mis en service dans un proche avenir. « Quand il n’y a pas de courant, les usines d’eau de Djoué et de Djiri s’arrêtent. C’est pour cela que nous mettons nos forces dans la bataille de l’électricité », a justifié Emile Ouosso.

Pour Pointe-Noire, des forages en construction seront mis en service en février. D’après lui, des solutions concrètes existent pour pallier à ces problèmes. « La première consiste à avoir des capitaux... En 3 ans, nous avons déclenché beaucoup de milliards qui n'attendent qu'une seule condition : que La congolaise des eaux (LCDE) et Energie électrique du Congo (E²C) soient bien gérées et paient le produit. Donc nous sommes en train de travailler en silence avec ces deux sociétés pour que les performances s’améliorent », a-t-il dit.

Des perspectives

Le gouvernement a annoncé la disponibilité d'opérateurs à investir dans l’eau et l’électricité. Ainsi, des protocoles ont été signés avec des partenaires dont le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), la Banque africaine de développement (BAD) à condition que le pays poursuive les réformes en cours dans le cadre de l’amélioration de la gouvernance et des performances des deux opérateurs historiques (E²C et LCDE).

Toujours en termes de projet, le ministre Ouosso a énuméré le Pacte national énergétique signé à New York pour un montant de 9 616 milliards FCFA d'investissements. L’argent étant disponible, il ne reste qu’à la partie congolaise d’apporter des garanties commerciales. « Avec les réformes que nous menons en tant que gouvernement au niveau des finances publiques et du portefeuille public, nous espérons que d'ici 2028 l'Etat pourrait retrouver sa pleine capacité à émettre de garanties, mais pour l'instant, il n'y en a pas. Au niveau du budget de l'État, il n'y a pas eu d'inscription pour la maintenance de ces ouvrages. D'où, il faut faire appel au capital privé », a-t-il rappelé, précisant que, entre 2000 et 2018, l'État a investi 1500 milliards FCFA pour l'électricité, sans résultats probants.

Parfait Wilfried Douniama

Légendes et crédits photo : 

Emile Ouosso reçu à l'émission "30 jours pour convaincre"; le ministre visitant les travaux en cours de réalisation à Loudima/DR

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