Est de la RDC: Kigali sera "contraint" à la paix, estime Kinshasa

Lundi 26 Janvier 2026 - 11:19

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Un an après la chute de Goma, les habitants de la grande ville de l'est de la RDC sont plongés dans une "situation catastrophique" et "une oppression permanente" du groupe armé M23, selon le porte-parole du gouvernement congolais Patrick Muyaya, Kinshasa comptant sur Washington pour "contraindre" Kigali à la paix.

Le 28 janvier 2025, au terme d'une offensive éclair, le groupe armé antigouvernemental M23, soutenu par Kigali et son armée, s'empare de Goma, cité d'un million d'habitants et autant de déplacés.

Les combats dans la ville frontalière du Rwanda durent trois jours et font des milliers de morts. Les instances internationales condamnent unanimement les violences. Mais le M23 et ses alliés rwandais poursuivent leur offensive et s'emparent, dans les semaines qui suivent, de la ville de Bukavu, plus au sud.

L'intervention de médiateurs américains et qataris aboutit en juillet à la signature d'un engagement vers un cessez-le-feu entre Kinshasa et le M23 à Doha. Parallèlement, un accord est entériné début décembre à Washington par le président de la République démocratique du Congo (RDC) Félix Tshisekedi et son homologue rwandais Paul Kagame.

La paix négociée sur le papier n'arrête toutefois pas la guerre dans cette région déchirée par trente ans de conflits, et en décembre, le M23 lance une nouvelle offensive sur la ville stratégique d'Uvira, frontalière avec le Burundi.

"Ces événements ont démontré que le président rwandais n'est pas du tout confortable dans les processus de paix", estime Patrick Muyaya lors d'un entretien avec l'AFP, remettant en cause "la bonne foi" de Paul Kagame.

Selon lui, Kigali se nourrit du chaos dans l'est de la RDC notamment en tirant profit du commerce illicite de minerais extraits dans l'est congolais.

La RDC, deuxième plus vaste pays d'Afrique, détient notamment dans ses sous-sols au moins 60% des réserves mondiales de coltan, minerai stratégique pour l'industrie électronique.

"Paix effective"

Les violences à Uvira ont entraîné le déplacement de "plus de 300.000 Congolais" vivant dans des camps au Burundi voisin, dont "au moins 12.000 enfants" séparés de leurs proches, affirme Patrick Muyaya.

Selon le porte-parole, Kigali sera malgré tout "contraint" à la paix, "même si on prend peut-être du temps".

"Il y a un médiateur américain qui a vu" les derniers événements et "je crois qu'il y a des leviers diplomatiques qui peuvent être activés plus fortement", enjoint-il.

"Évidemment, la paix, ce n’est pas simplement la signature" d'un accord, souligne M. Muyaya.

"L'administration américaine s'assurera que la paix soit effective", notamment à travers les mécanismes chargés de veiller à la mise en œuvre du texte signé à Washington et prévus dans l'accord, assure-t-il.

Répondant au fort intérêt américain pour l'accès aux minerais rares dont regorge le sous-sol congolais, Kinshasa a signé un accord de partenariat stratégique avec les Etats-Unis, inclus dans l'accord de Washington.

Mais "aucun centimètre carré de notre territoire ne sera cédé", précise M. Muyaya, rejetant toute idée d'une main-mise américaine sur les ressources congolaises.

"Chaque projet fera l'objet d'un accord particulier et tout ce que nous ferons sera fait de la manière la plus transparente", assure-t-il ajoutant, à l'aune des récentes tendances expansionnistes de Washington ailleurs dans le monde, ne pas penser que la RDC ait "quoi que ce soit à craindre".

Alors que l'opposition démocratique appelle à la tenue d'un dialogue national pour résoudre la crise à l'est, incluant potentiellement l'ex-président Joseph Kabila condamné à mort par contumace pour sa complicité présumée avec le M23, le porte-parole du gouvernement martèle que "la crise que nous connaissons n'est pas une crise politique, n'est pas une crise de légitimité. C'est une crise sécuritaire qui est créée par l'agression rwandaise".

D'après AFP

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