Cémac : la Commission suspend ses activités faute de financementLundi 9 Février 2026 - 8:16 La Commission de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cémac) a annoncé la suspension de ses activités en raison d’un manque de ressources financières. Cette décision, révélatrice de profondes fragilités institutionnelles, relance le débat sur l’avenir de l’intégration régionale et de la coopération économique dans la sous-région.
La suspension des activités de la Commission de la Cémac est une décision lourde de symboles. Institution clé du processus d’intégration régionale, la Commission invoque son incapacité à assurer son fonctionnement courant en raison d’un manque de financement suffisant. Face à cette impasse, les États membres (Cameroun, Gabon, Congo, Tchad, Guinée équatoriale et République centrafricaine) se retrouvent désormais confrontés à leurs responsabilités. Parmi les difficultés structurelles invoquées figurent l’irrégularité des contributions financières des États membres, la gouvernance jugée lourde et peu réactive, ainsi que le déficit de volonté politique pour faire avancer les réformes communautaires. Cette suspension apparaît comme l’aboutissement d’une longue série de dysfonctionnements. Le différend autour du scanning des marchandises au port de Douala, principal hub logistique de la région, avait déjà illustré les tensions internes et la perte d’autorité de l’institution communautaire. Ce conflit, largement médiatisé, n’était qu’un symptôme parmi d’autres de la paralysie progressive de la Cémac. Au-delà de l’arrêt des activités de la Commission, cette situation soulève des interrogations majeures sur l’avenir de la coopération régionale en Afrique centrale. Comment garantir la gestion cohérente de la monnaie commune, le franc CFA ? Quel avenir pour la libre circulation des biens et des personnes, pilier de l’intégration régionale ? Et surtout, comment préserver les acquis communautaires dans un contexte de défiance institutionnelle croissante ? La survie du projet communautaire passe, selon plusieurs experts, par une refondation profonde des mécanismes de gouvernance, un engagement financier plus rigoureux et une vision politique partagée. À défaut, alertent-ils, l’Afrique centrale risque de s’enfoncer davantage dans la fragmentation, au détriment de son développement économique et de son poids sur la scène continentale. Fiacre Kombo Notification:Non |










