Cémac : la suspension de la commission relance le débat sur l’avenir de l’intégration sous-régionale

Samedi 14 Février 2026 - 12:15

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L’arrêt provisoire des opérations de la commission de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cémac), annoncé le 5 février dernier, est préoccupant et relance le débat sur l’avenir de l’intégration régionale et de la coopération économique de cette sous-région en faveur de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlécaf).

La Cémac et la Zlécaf sont des modèles d’intégration régionale qui visent à renforcer le développement économique du continent à travers la facilitation du commerce, notamment sur le marché de la Cémac qui compte plus de 36 millions de consommateurs dans les six Etats membres, mais aussi de la Zlécaf grâce à un marché de 1,2 milliard de consommateurs, pour les cinquante-quatre États membres.

La décision de surseoir provisoirement les opérations de la Commission de la Cémac aurait un impact sur le devenir de la Zone de libre-échange si cette suspension venait à aboutir à une dissolution improbable. Fort heureusement, seules les missions et activités jugées hautement stratégiques sont exemptées, mais cette suspension vise la coupe des dépenses qui, selon le président de la Commission, est une mesure de gestion interne, de rigueur.

La Zlécaf est censée donner un coup d'accélérateur à l’ensemble de ses économies africaines en s’appuyant sur les acquis des États membres et des Communautés économiques régionales, mais en cas de grave difficulté rencontrée par les institutions régionales cela peut impacter la dynamique enclenchée.

Pour le cas de la Cémac, la dissolution n’est pas envisageable bien que la situation financière difficile pourrait paralyser les acquis de la Zlécaf. Il s’agit tout de même d’un scénario susceptible d’entraîner une diminution des échanges intra africains, d’affecter les investissements étrangers sur le continent et ralentir la réalisation des projets d’infrastructures essentiels.

La situation financière des six pays d’Afrique actuelle soulève notamment plusieurs autres problématiques comme celle de la capacité des États membres à faire face aux contributions financières des institutions régionales ou celle de la rétrocession des recettes douanières, précisément pour la Cémac, dont la principale ressource, la taxe communautaire d’intégration de 1 % prélevée sur les importations en provenance de pays tiers, est souvent compromise par des arriérés importants.

Le ralentissement actuel de la Cémac doit plutôt servir de levier pour encourager d’autres États à ne plus subir les conséquences de leur inaction ou de leur manque de volonté qui s’assimilent aux égoïsmes nationaux. Car, la jeunesse africaine mise sur l’intégration pour résoudre des problématiques majeures telles que le chômage, la sécurité alimentaire et d’autres défis socio-économiques.

Un dialogue sincère entre les pays membres de la Cémac et la Commission doit être engagé pour éviter que la zone ne soit confrontée à un avenir incertain, lié au manque d’assainissement des finances publiques.

 

Michesie Adzeu, magistrat,analyste, expert Zlécaf

Légendes et crédits photo : 

Michesie Adzeu

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