Jeunesse africaine : le compte à rebours de l’emploi productif est lancéJeudi 19 Février 2026 - 8:53 Foresight Africa 2026 alerte : douze millions de jeunes arrivent chaque année sur un marché qui n’offre que trois millions d’emplois formels. Le défi est systémique, pas seulement statistique. Le rapport Foresight Africa 2026 – Top priorities and recommendations for Africa pose un diagnostic sans ambiguïté : l’Afrique fait face à la plus rapide expansion de population active au monde. D’ici à 2050, le continent pourrait compter environ 740 millions de personnes supplémentaires en âge de travailler. Chaque année déjà, douze millions de jeunes arrivent sur le marché du travail, alors que seulement trois millions d’emplois salariés formels sont créés. L’écart est structurel. Mais le rapport insiste : la question ne se résume pas à un déficit quantitatif. Réduire le chômage sans améliorer la qualité des emplois - productivité, stabilité, rémunération - ne garantit ni cohésion sociale ni accumulation durable de richesse. Le défi est donc double : absorber la pression démographique tout en transformant les structures productives. La dynamique actuelle exerce une tension croissante sur les systèmes éducatifs, les budgets publics et les marchés du travail. Pourtant, elle constitue aussi une opportunité stratégique : le dividende démographique reste accessible si le capital humain est aligné sur les besoins réels de l’économie. Le diagnostic pointe une inadéquation persistante entre formation et marché. Diplômes généralistes, compétences peu opérationnelles, faible articulation avec les entreprises : cette déconnexion alimente le sous-emploi et la précarité. Le rapport préconise une révision profonde des curriculums, le développement de micro-certifications modulaires, l’essor de l’apprentissage en entreprise et des mécanismes de validation des compétences. L’objectif n’est plus seulement de diplômer, mais de rendre immédiatement employable. Sur le plan sectoriel, plusieurs filières présentent un potentiel d’absorption et de montée en productivité : numérique, agro-industrie, services modernes, technologies vertes. Leur développement pourrait réduire l’écart entre flux d’entrants et emplois formels, à condition d’être soutenu par des politiques industrielles cohérentes. L’intégration régionale apparaît également comme un levier majeur. La Zone de libre-échange continentale africaine élargit la demande au-delà des marchés nationaux et peut stimuler des chaînes de valeur régionales à forte intensité d’emploi. Enfin, la transformation ne repose pas uniquement sur les États. La formalisation et la montée en productivité des micro-entreprises, l’accès au financement, la réduction des barrières réglementaires et l’expansion de la connectivité numérique sont déterminants. L’entrepreneuriat féminin et jeune constitue ici un multiplicateur stratégique. La question centrale demeure : sans transformation systémique, la poussée démographique accentuera-t-elle les vulnérabilités ? Ou deviendra-t-elle le moteur d’une industrialisation inclusive ? L’arbitrage se joue maintenant. Noël Ndong Notification:Non |










