Zone Cémac : adoption de nouveaux outils d’autoévaluation des risques climatiquesSamedi 28 Mars 2026 - 9:34 Réunis à Brazzaville du 23 au 27 mars, les experts des pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cémac) ont validé de nouveaux outils d’autoévaluation des statistiques environnementales et climatiques. La démarche vise à renforcer la production de données fiables pour mieux faire face aux défis croissants liés au changement climatique dans la sous-région.
Pendant cinq jours, les participants ont examiné les outils d’autoévaluation des statistiques environnementales et du changement climatique, ainsi que la fiche régionale harmonisée de collecte des données. Les travaux ont également permis de dresser un état des lieux des systèmes statistiques nationaux, souvent caractérisés par la dispersion des données, leur faible harmonisation et un manque de coordination entre les institutions. L’objectif principal de la rencontre était de doter la sous-région de données fiables, comparables et accessibles pour orienter efficacement les politiques publiques des États. Au terme de leurs échanges, les participants ont recommandé aux pays membres de finaliser et de transmettre les fiches d’autoévaluation à la Commission de la Cémac ; de mobiliser des financements pour la collecte des données environnementales; de renforcer la coordination entre les administrations, notamment via des comités interministériels ; et d’organiser des ateliers nationaux d’évaluation. La Commission de la Cémac est appelée à renforcer l’intégration des statistiques environnementales dans les politiques publiques, à appuyer les États sur le plan technique et institutionnel, et à mettre en place un mécanisme de suivi des actions engagées. De son côté, Afristat, un mécanisme d’assistance technique du Fonds monétaire international, est invité à finaliser les outils méthodologiques, élaborer un manuel d’instruction, renforcer les capacités des cadres nationaux et automatiser les dispositifs de collecte. Un tournant pour la sous-région Pour Nicolas Beyeme Nguema, commissaire en charge des politiques économiques, monétaires et financières de la Cémac, cet atelier marque une étape décisive. «Vous avez posé les jalons d’une architecture statistique environnementale robuste pour notre sous-région. Le changement climatique n’est plus une menace lointaine, mais une urgence statistique et décisionnelle », a-t-il déclaré. Il souligne toutefois les défis persistants, notamment la fragmentation institutionnelle, le manque de financements et le déficit en ressources humaines qualifiées. Les participants ont salué les avancées enregistrées, tout en insistant sur les efforts à poursuivre. Pour Mapessi Lilia, de l’Instat du Gabon, les objectifs de l’atelier ont été atteints, précisément grâce à l’élaboration d’une fiche régionale harmonisée qui facilitera la collecte des données. Elle a souligné néanmoins la nécessité de mieux organiser les systèmes nationaux. « Les données ne sont pas centralisées. Il faut mettre en place un cadre de concertation entre les différents acteurs », a mentionné cette participante. Même constat du côté de Pierre Soakadjié Songe, cadre de l’INS Cameroun, qui a rappelé que la sous-région se trouve encore à une phase d’autoévaluation. « Les données climatiques sont encore collectées de manière disparate. Il est essentiel de bâtir des outils solides pour produire des statistiques fiables », a-t-il estimé. Au-delà des enjeux techniques, les experts ont insisté sur l’impact concret de ces travaux. Des données fiables permettront d’anticiper les effets du changement climatique, d’adapter les politiques publiques et de mieux accompagner la population de la sous-région. Des sécheresses prolongées aux perturbations agricoles ou pressions sur les ressources naturelles, ce sont autant de réalités qui nécessitent des réponses fondées sur des données solides.
Fiacre Kombo Légendes et crédits photo :Les participants élaborant la feuille de route /Adiac Notification:Non |


L’élaboration des outils d’autoévaluation des statistiques environnementales et climatiques constitue une avancée en matière de gouvernance environnementale en zone Cémac, dont les pays membres (Cameroun, République centrafricaine, Congo, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad) font face à des menaces croissantes liées à la déforestation accélérée, la dégradation des sols, la pollution… Des phénomènes amplifiés par les effets du changement climatique qui compromettent les efforts engagés pour atteindre les Objectifs de développement durable.







