Filière bois domestique : un secteur clé en quête de structuration

Vendredi 3 Avril 2026 - 13:55

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Les principaux acteurs de la filière bois domestique au Congo se sont réunis, le 2 avril à Brazzaville, pour examiner les résultats d’une étude nationale sur la chaîne de valeur. Cette démarche vise à mieux comprendre ce secteur stratégique, encore largement informel, et à poser les bases d’une transformation durable et compétitive au service de l’économie congolaise.

 

Organisé par l’Association technique internationale des bois tropicaux (ATIBT), l’atelier de restitution finale de l’étude consacrée à la chaîne de valeur du bois domestique en République du Congo a mobilisé les représentants des ministères sectoriels, du secteur privé, de la société civile, des centres de formation, ainsi que des partenaires techniques et financiers. Cette rencontre a permis de présenter les conclusions de l’étude et de recueillir les observations des parties prenantes afin d’enrichir le rapport final. Il s’agissait également de mieux cerner les enjeux d’un secteur longtemps sous-estimé, mais essentiel pour l’économie nationale.

Selon Catherine Vivien du cabinet FRMI-Becaf Congo, cette étude, bien que centrée sur le marché domestique, s’inscrit dans une dynamique plus large. « La filière bois congolaise est aussi tournée vers l’export et joue un rôle important dans le bassin du Congo», a-t-elle souligné. L’étude explore l’ensemble de la chaîne de valeur, depuis l’exploitation artisanale jusqu’à la transformation finale, avec un accent sur les acteurs, leurs contraintes et leurs besoins. Menée notamment à Brazzaville, Pointe-Noire, Sibiti et Ouesso, l’enquête révèle l’ampleur du secteur. Chaque année, environ 150 000 m³ de bois scié alimentent les centres urbains, ce qui correspond à plus de 250 000 m³ de prélèvements en forêt. Un volume significatif, représentant près de 20 % de la production industrielle, mais reposant sur une multitude d’acteurs artisanaux.

Cette forte présence d’intervenants, souvent peu formés et évoluant dans l’informel, a noté Catherine Vivien, constitue à la fois une richesse sociale et un défi majeur. Le secteur génère de nombreux emplois, mais souffre d’un manque de structuration, de formation technique et d’accès au financement. À cela s’ajoutent des pratiques parfois peu respectueuses de l’environnement, liées notamment à l’absence de maîtrise des règles et normes forestières.

Face à ces constats, le projet « Appui au secteur privé – marché intérieur du bois », financé par l’Union européenne (UE), entend apporter des solutions concrètes. Comme l’a expliqué Alain Bertin Tiotsop, représentant de l’ATIBT, l’ambition est de rendre la filière plus compétitive et durable. Cela passe par la structuration des acteurs, le renforcement de leurs capacités techniques, opérationnelles et financières, ainsi que par une meilleure organisation du marché domestique. Deux axes majeurs guident ce projet, a-t- il précisé, l’amélioration de la gestion durable des ressources forestières et l’accompagnement des petites et moyennes entreprises du secteur.

L’étude présentée constitue ainsi une étape clé pour orienter les actions futures et adapter les interventions aux réalités du terrain, estime-t-on. D’après le chef de cabinet de la ministre de l’Économie forestière, Guy Saturnin Tsotsa, cette initiative vient consolider les efforts entrepris par le gouvernement congolais depuis 2010, notamment à travers les réformes juridiques et l’accord de partenariat volontaire signé avec l’UE.  Les autorités entendent également encourager la transformation locale du bois, encore insuffisante, afin d’accroître la valeur ajoutée nationale et les recettes de l’État. Aujourd’hui, l’orientation majoritairement exportatrice du bois industriel limite les retombées économiques locales, avec un manque à gagner estimé à près de deux milliards F CFA.

Fiacre Kombo

Légendes et crédits photo : 

Les parties prenantes à l'ouverture de l'atelier /Adiac

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