Contrôle parlementaire : des députés en visite au poste THT de Mbouono

Vendredi 3 Avril 2026 - 14:30

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Une délégation des députés membres de la Commission économie, finances et contrôle de l'exécution du budget, ainsi que ceux de la Commission plan, aménagement du territoire, infrastructures et développement local de l’Assemblée nationale, conduite par Maurice Mavoungou, a visité le 2 avril le poste Très haute tension (THT) de Mbouono, dans le 8e arrondissement de Brazzaville, Madibou.

Accueillis à leur arrivée sur le site par le directeur général de la société Energie électrique du Congo (E²C), Jean Bruno Danga Adou, les parlementaires ont eu droit aux explications sur le poste de Mbouono qui reçoit également une partie de l’électricité en provenance de Kinshasa. Après cette visite guidée, le président de la Commission économie et finances de l’Assemblée nationale, Maurice Mavoungou, est revenu sur son bien-fondé.

« Nous avons voulu prévenir l’urgence en trouvant des solutions qui sont les nôtres financièrement, dans la loi de finances de 2026. Nous l’avions commencé déjà en 2025. Quand nous nous sommes aperçus que la redevance audiovisuelle n’était pas gérée de manière satisfaisante, nous avons pensé vous donner la responsabilité de pouvoir utiliser cette ressource pour que l'électrification rurale ne soit pas une vue de l'esprit. C'est ainsi qu'avec beaucoup d'intérêt, vous avez fini par réaliser l'électrification de Kinkala jusque dans les pays de Boko. A l'instar de ce que nous avions vu dans le Pool, nous avons pensé qu'il fallait porter une dimension un peu plus importante à cette expérience en envisageant l'électrification urbaine et rurale », a expliqué Maurice Mavoungou.

Il a également annoncé l’inscription, dans la loi de finances, exercice 2026, d’une ressource pérenne pour l'électrification des villes et rurales. Traduisant la satisfaction des parlementaires suite au travail réalisé, il a reconnu que le secteur de l’électricité nécessite suffisamment de ressources financières pour améliorer les conditions de vie de la population mais également pour soutenir l'évolution économique du pays. « Nous ne développerons pas ce pays si nous avons un déficit en électricité. C'est l'occasion pour que nous, les parlementaires, ayons à l'esprit que nous ne pouvons pas accélérer la marche vers le développement si nous n'avons pas suffisamment d'énergie à mettre à la disposition des consommateurs. Cette énergie ne sera pas utile que pour les ménages, mais également pour les opérateurs économiques qui viennent frapper à la porte du Congo, mais réalisent qu'il y a un point bloquant, notamment l'offre en énergie », a poursuivi le président la Commission économe et finances. Il a précisé que cette visite avait également pour but de prévenir des situations telles que celle que Brazzaville traverse actuellement avec des perturbations de la fourniture de l’électricité.

Construire des barrages de proximité autour de Brazzaville

Membre de la Commission économe et finances de l’Assemblée nationale, Prince Bertrand Bahamboula, de son côté, a rappelé que cette descente fracassante des deux commissions au niveau de ce poste intervient dans un contexte où le président de la République réélu a mis, dans son nouveau projet de société, une action privilégiée sur l'agro-industrie. Un objectif qui ne peut être atteint sans avoir une énergie disponible. « Le chef l’a commencé bien avant en dédiant, notamment sur le volet rural, la redevance audiovisuelle pour appuyer le financement de l'électrification rurale. Vous avez vu Louingui, on a parlé de Loumou, aujourd'hui on parle de Boko qui sont en cours d'électrification. Dans le cadre de la loi de finances 2026, le président l'a voulu également en décidant qu’une ressource sûre, sécurisée soit orientée vers l'électrification à la fois urbaine et rurale. On parle de la Provision pour investissement diversifié qui a été consacrée 100% à l'électrification rurale et urbaine », a expliqué le député de Mayama, dans le département du Djoué-Léfini. Il a évoqué l’inscription des travaux d'électrification rurale des sous-préfectures des pays de Mpangala, notamment Kindamba, Mayama et Vinza.

Le directeur général d’E²C s’est félicité, quant à lui, de l’apport des députés à cette société de service public en proie aujourd’hui aux sérieux problèmes. « A la population, le gouvernement et son outil d'action qui est E²C, ne baissent pas les bras. Nous sommes là pour chercher à trouver des solutions et amener de l'amélioration. Mais ceci est conditionné par les investissements nécessitant la ressource financière. Donc, la population doit garder l'espoir, faire confiance au gouvernement, faire confiance à la société qui gère ce service public, parce que nous ne baissons pas les bras. Nuit et jour, nous réfléchissons sur les solutions, nous proposons au gouvernement et aux députés qui essaient de regarder comment faire ensemble pour qu'on puisse mettre en pratique ces solutions », a assuré Jean Bruno Danga Adou.

Parlant des difficultés auxquelles la société fait face actuellement, il a pointé du doigt l’urbanisme anarchique de Brazzaville qui ne permet pas à E²C de projeter un service public de qualité. Selon lui, la densité des quartiers périphériques est à l’origine de beaucoup de maux dont l’hyper-saturation des câbles électriques qui brûlent chaque jour, occasionnant ainsi des délestages. En termes de suggestions, il a proposé la construction des barrages de proximité autour de Brazzaville, notamment sur le fleuve Congo. « Beaucoup de sites ont été identifiés, Brazzaville est alimentée par des centrales qui sont très éloignées. Si nous ne le faisons pas, nous aurons toujours des problèmes », a-t-il prévenu.   

Parfait Wilfried Douniama

Légendes et crédits photo : 

1- La délégation des députés pendant la visite / Adiac 2- Une vue du poste THT de Mbouono / ADIAC 3- Danga Adou donnant les consignes avant la visite /Adiac

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